C'est un véritable SOS concernant l'état de santé des détenus mozabites Kameleddine Fekhar et Kacem Soufghalem, que lance Me Salah Dabouz, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH) et membre du collectif d'avocats des prévenus. 

"Les deux détenus sont toujours en grève de la faim. Leur état de santé s'est gravement détérioré. La pression artérielle de Fekhar a atteint un seuil alarmant", alerte Me Dabouz, joint en milieu de journée de ce jeudi. Pire, se révolte l'avocat, "on leur a même confisqué le sucre qu'ils prenaient avec de l'eau. C'est grâce à l'eau sucrée qu' ils sont toujours en vie. Je crains désormais pour leur survie. Sans sucre, leur pronostic vital est engagé". Et Me Dabouz d'accuser : "On veut les tuer".

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Le président de la LADDH dénonce ainsi la discrimination dont sont victimes ses deux clients. "Fekhar et Soufghalem sont les seuls détenus isolés dans leur cellule. Contrairement aux autres, ils sont privés d'eau fraîche, de télévision et de climatisation dans une prison (à El Ménéa, dans la wilaya de Ghardaïa) où il fait plus de 50°", s'indigne notre interlocuteur.

Les avocats du Dr Fekhar devaient déposer, aujourd'hui, une plainte judiciaire contre la police "pour violence physique et verbale" au moment de l’arrestation de leur client et "pour violation de propriété privée sur le fondement de l’article 295 du code pénal". "Nous l'avons encore fait. Nous sommes en train de constituer le dossier et dès qu'il sera prêt, nous procéderons à sont dépôt", indique M.  Dabouz.

A rappeler qu'au total, 31 Mozabites sont poursuivis dans le cadre de l'affaire dite Fekhar. 25 parmi eux, dont les deux sus-cités, sont en détention à ladite prison. Trois étaient en fuite et l’un d’eux a été dernièrement arrêté dans la wilaya d'Annaba, et les deux autres sont toujours en cavale. Les trois restants sont des mineurs en liberté.

Les mis en cause ont été arrêtés le 9 de ce mois, durant le ramadan, au moment de la prière de tarawihs. Ils sont poursuivis pour des griefs très lourds, dont celui d’atteinte à la sûreté de l’Etat, suite aux derniers événements meurtriers de Ghardaïa.