La cabale judiciaire dans l’affaire opposant une quarantaine de résidents de l’immeuble Galliani, sis au 11 Bd de la Soummam, en plein centre-ville d’Oran, à la Société immobilière financière pour la France et l’Afrique du Nord (Siffan) appartenant au richissime homme d’affaires Djillali Mehri, n’est pas près de s’estomper. Le calvaire desdits résidents non plus.

En effet, ces derniers vivent toujours sous la menace d’expulsion suspendue au dessus de leurs têtes telle une épée de Damoclès depuis maintenant une vingtaine d’années par la Siffan qui se prétend propriétaire du bien objet de litige. Selon Mourad Ghozali, président de l’ Association des résidents du 11 Bd Soumam Oran, tout a commencé en 1994 lorsque cette société française qui était chargée de la gestion de l’immeuble a dû plier bagages pour fuir le terrorisme. « Au moment où la Siffan, chez laquelle on louait et qu’on croyait propriétaire de l’immeuble, allait nous vendre les appartements, elle a été cédée à Djillali Mehri. Celui-ci a de sitôt augmenté le loyer de 1000% ! Quelques années plus tard, les expulsions ou les menaces de l’être ont commencé. Cinq locataires ont ainsi été délogés », affirme M. Ghozali, joint au téléphone. S’en est suivi des procès judiciaires à la pelle. D’abord entre la Siffan version Mehri, d’une part, et des locataires, individuellement, puis en tant qu’association depuis sa création en 2013, d’autre part.

Au fil des procès et des procédures juridico-administratives, les malheureux locataires se sont rendu compte que « la Siffan n’avait aucune existence légale et n’était pas non plus propriétaire de l’immeuble », à en croire M. Ghozali qui affirme que tous les documents prouvant ses dires » sont entre les mains de la justice ». « Pire, le puissant homme d’affaires, s’indigne le représentant des résidents, a même réussi à hypothéquer l’immeuble en question, ce qui lui a permis de décrocher d’astronomiques crédits bancaires ». Les locataires, dont beaucoup occupent l’immeuble depuis le lendemain de l’indépendance, soupçonnent donc l’existence de pressions sur la justice de la part de cercles influents occultes qui voudraient éviter l’éclatement d’un scandale financier. D’où, à en croire notre interlocuteurs, cet imbroglio judiciaire qui n’a que trop duré. Les résidents ne comptent, toutefois, pas baisser les bras puisqu’ils ont engagé dernièrement une nouvelle procédure judiciaire, auprès du tribunal administratif cette fois. Il va sans dire que cette affaire est très sensible puisqu’elle remet au goût du jour l’épineux et très controversé dossier des biens vacants.

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