Nouveau rebondissement dans l’affaire des moines de Tibehirine. Une expertise judiciaire française a été communiquée ce jeudi aux familles des défunts. Cette conclue que les moines auraient été décapités après leur mort, et les têtes auraient été enterrées deux fois !

Une conclusion très étrange qui soulève de nombreuses questions au sujet de l’enlèvement et assassinat des sept moines français de Tibéhirine en 1996. Cette expertise remet en cause la version officielle algérienne. De plus, on apprend que les moines ont été tués plusieurs semaines avant la date avancée par le GIA dans sa revendication. « Les experts ont la quasi certitude que la mort remonte (…) à trois ou quatre semaines avant (la revendication), entre le 25 et le 27 avril », a déclaré Me Patrick Baudouin, avocat des familles des victimes, lors d’une conférence de presse, rapporte l’AFP.

Les crânes ne présentent pas de traces de balles, ce qui pourrait écarter une bavure de l’armée, ni des lésions consécutives à des coups d’objets contondants. Des traces d’égorgement ont été retrouvées sur trois d’entre eux, soulignent encore cet avocat d’après lequel  « aujourd’hui, nous ne savons pas comment ont été tués les moines ». « La thèse d’une implication de l’armée algérienne est un peu battue en brèche, sans être totalement éliminée (…) Est-ce que c’est le GIA, le GIA infiltré, les services algériens ? Les questions restent posées », poursuit-il.

Il est à préciser enfin que cette expertise a été réalisée par quatre experts français mandatés par le juge antiterroriste Marc Trévidic. Ils fondent leurs conclusions sur des prélèvements effectués en octobre dernier en Algérie sur les crânes exhumés des religieux.