Depuis des années, l’Algérie dépense des budgets faramineux pour construire des amphithéâtres, salles de classe, des laboratoires et des cités universitaires. Mais, au final, notre université brille par ses contre-performances gravissimes. L’université algérienne ne figure dans aucun classement international prestigieux. Elle ne s’illustre par aucun mérite scientifique ou académique. Et au niveau du marché national, les investisseurs nationaux comme étrangers ne cessent de déplorer la très mauvaise qualité de la formation universitaire dispensée au profit des étudiants algériens. 

Une université qui forme des candidats au chômage. Cette fameuse devise qui résume parfaitement la situation de l’université algérienne perdure depuis au moins une décennie. Récemment, le prestigieux mensuel britannique Times Higher éducation a présenté un classement des trente meilleurs établissements d’enseignement supérieur africains, lors d’un sommet des universités africaines qu’il organisait à Johannesbourg, les 30 et 31 juillet. Aucune université algérienne n’a figuré dans ce classement considéré comme une référence mondiale. En revanche, le Maroc a réussi à se placer grâce à l’université Cadi Ayyad (10e). La Tunisie fait mieux aussi que l’Algérie puisque l’université de Sfax (28e)  a été sélectionnée par l’enquête minutieusement menée par le mensuel britannique.

Pas la moindre trace d’un centre de recherche algérien ou d’un faculté algérienne. Même le Cameroun, un pays pauvre et dépourvu de moyens comparativement à notre pays, y figure. L’Algérie est l’exact contraire de l’Afrique du Sud qui rafle douze places ! Selon notre partenaire Le Monde Afrique, les résultats de ce classement « s’appuient essentiellement sur la quantité de citations des travaux d’universitaires dans les publications de chercheurs d’autres académies ». L’université existe bel et bien matériellement et physiquement. Mais scientifiquement, elle ne produit presque rien de notable. En tout cas rien qui attire l’attention des plus importantes enquêtes internationales sur la qualité de l’enseignement supérieur.

Une qualité critiquable que le récent top 500 des meilleures universités du monde publié comme chaque année par l’université de Jiao-tong à Shanghai vient de confirmer. Puisque là encore, et ce n’est guère une surprise, l’Algérie est tout simplement inexistante. Et pourtant, dans ce classement on retrouve l’Arabie Saoudite ! Effectivement, quatre universités saoudiennes font partie de ces 500 meilleures universités dans le monde.  Il est donc possible d’être un pays arabe, musulman et disposer d’une politique éducative moderne.

Mais l’Algérie est-elle consciente de son retard et du danger qu’il représente pour son avenir ? Pas si sûr. L’université s’invite rarement au devant de la scène. Aucun débat public consistant ne lui est réellement consacré. Les Algériens, les médias comme les politiques, passent seulement en revue les conditions matérielles dans lesquelles les près de 1,5 millions d’étudiants algériens évoluent quotidiennement. Des préoccupations qui font de l’ombre aux enjeux pédagogiques et scientifiques. Le ministère de l’Enseignement supérieur Algérien dispose, pourtant, d’un budget de près de 300 millions de dollars. Une manne financière qui sert très peu à soutenir l’innovation et le développement puisque la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRST) n’a bénéficié, pour l’année 2015, que de 207 millions de DA ! Un montant dérisoire qui ne permet pas à la recherche algérienne d’émerger. Au manque de moyens, il faut ajouter une mauvaise gestion endémique. Notre pays se retrouve, enfin, avec une note salée : des diplômés mal-formés et une main-d’oeuvre non-qualifiée.

Notez cet article