L’avocat de l’ex parti dissous, le FIS (Front Islamique du salut), Rachid Mesli, réfugié en Suisse depuis 2000, a été interpellé, il y a deux jours, par les autorités italiennes alors qu’il se rendait, avec sa famille, dans ce pays. Son arrestation est survenue en exécution d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie à son encontre.

La Cour d’appel de Turin devra se prononcer sur l’extradition ou non de Rachid Mesli. A cet effet, Amnesty International «exhorte les autorités italiennes de ne pas l’extrader, car il a été inculpé sur la base d’aveux qui auraient été obtenus sous la torture, et à le libérer immédiatement». L’ONG rappelle que «Rachid Mesli a été inculpé par contumace par les autorités algériennes pour appartenance à un groupe terroriste armé opérant à l’étranger, après que deux hommes, arrêtés en mars 2002, ont été forcés sous la torture par les forces de sécurité algériennes, à faire des déclarations dans lesquelles ils ont avoué avoir des liens avec lui et avec un groupe armé».

Pour Amnesty, Rachid Mesli, qui a «travaillé comme avocat durant le conflit interne en Algérie», a fait face au «harcèlement répété et à l’intimidation des autorités algériennes en raison de son travail de défense des victimes de violations des droits humains commises par l’Etat».

Rappelons que Mesli est le fondateur, en 2005, de l’ONG Al Karama basée à Genève. Avant de se réfugier en Suisse, celui-ci avait passé, en Algérie, trois an de prison, entre 1996 et 2000, pour des motifs liés à l’ «encouragement du terrorisme».

Elyas Nour