Au lendemain de l’élection de Hugo Chavez à la tête du Venezuela, de nombreux d’Algériens ont vu en le défunt président un modèle à suivre. L’homme, au verbe acéré, s’est positionné en champion des pays « socialistes ». Il a même conquis les cœurs des citoyens de son pays en menant une politique de distribution de la rente pétrolière. Au passage, Chavez a oublié de doter son pays d’une économie diversifiée. Résultat : la chute des prix du pétrole plonge le Venezuela dans une crise économique très grave qui va conduire le pays vers la faillite d’ici la fin de l’année en cours.

Au Venezuela, comme dans une bonne partie des pays mono exportateurs, les rentrées d’argent sont distribuées sans compter. Avec un discours populiste qui a berné tout le pays, il n’a pas laissé beaucoup de place à la critique. Aujourd’hui, la chute des prix du pétrole a frappé de plein fouet le pays. Ayant épuisé rapidement le peu de réserves de changes dont il dispose, le Venezuela végète. La population est déjà confrontée à un taux d’inflation extrêmement élevé et à des pénuries qui touchent tous les produits, y compris les médicaments. Des rapports de plus en plus alarmants indiquent que le pays de Nicolas Madoro va être déclaré en faillite d’ici le début de l’année prochaine.

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L’exemple vénézuélien est à méditer. Il est pratiquement la copie conforme de beaucoup d’autres pays, dont l’Algérie. Les dirigeants algériens ne bougent pourtant pas le petit doigt. Face au péril qui plane, Abdelaziz Bouteflika et son gouvernement préfèrent la fuite en avant, le populisme plutôt qu’une prise de conscience. Le chef de l’Etat a même affirmé, lors du dernier conseil des ministres et contre de bon sens, que l’Etat ne changera rien à sa politique sociale. Autrement dit : le gouvernement va encore dépenser sans compter. Quitte à vider les caisses de l’Etat, ou ce qu’il en reste. Après tout, Bouteflika doit se dire : « Après mois, ce sera le déluge ». Sauf que là, le déluge est prémédité.

Essaïd Wakli