Pour l’ouverture de l’université d’été de son parti, ce lundi à Alger, Abderrezak Makri a employé un langage extrêmement pessimiste. L’homme politique ne s’est pas limité à dresser un tableau noir de la situation présente, notamment au plan économique. Il fait même une projection sur l’avenir immédiat du pays.

Ainsi, Abderrezak Makri pense que la « dévaluation du dinar» est une politique « qui vise à paupériser » le peuple algérien. « Le système politique s’orientera, très probablement, vers le recours à la planche à billets ; une mesure qui n’aura aucun impact positif sur l’économie algérienne », dit-il avant de donner lui-même une réponse : « cette politique vise à permettre au système de gagner du temps, mais risque de produire une inflation à deux chiffres (…) de sorte à ce qu’une liasse de billets ne pourra plus remplir un couffin en produits alimentaires ».

La politique d’austérité qu’appliquera le gouvernement va produire « des troubles sociaux dangereux durant lesquels le pouvoir tentera de mâter l’opposition et aura recours à la brutalité ». Il ajoutera que « le pouvoir créera des crises plus graves pour faire taire les populations… et l’Algérie entrera dans une spirale aux conséquences incalculables ».

Abderrezak Makri, qui a invité des islamistes du monde entier à l’activité de son parti, veut pourtant garder espoir. Le pays s’en sortira grâce aux hommes patriotes qui se trouvent dans les partis politiques, les institutions publiques, les organisations de la société civile ». « L’Algérie ne tombera pas », ajoutera-t-il.

A noter que lors de cette rencontre, qui se poursuit jusqu’à mercredi, certaines figures politiques ont brillé par leur absence. Il s’agit notamment d’Ali Benflis, ancien Premier ministre qui a préféré envoyer un représentant, de Mohcine Belabbs du RCD et d’Abdellah Djaballah.

Essaïd Wakli 

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