Le président de l’Association de protection contre le Sida (APCS) d’Oran, Abdelaziz Tadjeddine, déplore l’absence d’une stratégie de prévention nationale à même d’empêcher la transmission du VIH (virus du Sida) de la mère à l’enfant. Pourtant, ce procédé a montré toute son efficacité dans les pays développés où il est pratiqué depuis plusieurs années déjà.

Dans une déclaration accordée au quotidien arabophone El Khabar, le responsable de l’APCS d’Oran a ainsi affirmé que « les autorités concernées ne se sont pas uniquement contentées de ne pas adopter le programme thérapeutique permettant d’éviter la transmission du VIH de la mère au fœtus, mais elles ont également refusé d’accorder à l’association la possibilité de perpétuer sa louable initiative, adoptée dans le cadre du premier programme thérapeutique en Algérie ». Lequel programme a, d’après M. Tadjeddine, donné des résultats impressionnants dans les cinq wilayas concernées, à savoir Oran, Tiaret, Mascara, Sidi Bel Abes et Aïn Témouchent. Selon le même responsable, pas moins de 500 femmes enceintes suivies dans le cadre de ce programme lancé en 2011, ont ainsi accouché de bébés en très bonne santé.

S’adressant au ministère de la Santé, le président de l’APCS exige donc la nécessité d’introduire concrètement ce programme dans la stratégie de lutte contre le VIH afin de sauver la vie des centaines de bébés dont les mamans sont porteuses du virus. Assurant que le programme adopté par son association s’appuie sur la formation qualifiante des sages-femmes ainsi que sur le suivi quasi-permanent de la maman et de son bébé, durant l’accouchement et dès la naissance jusqu’à l’âge de deux ans, M. Tadjeddine affirme qu’une bonne prise en charge de la mère peut ramener le risque de transmission du VIH à moins de 5%, voire l’annuler.

Le président de l’APCS tire la sonnette d’alarme en indiquant que plus de 100 enfants atteints du Sida ont été recensés pendant les dix dernières années. Il insiste donc sur la nécessité d’adopter une stratégie plus efficace sur le terrain, en permettant aux femmes enceintes séropositives de bénéficier d’un programme thérapeutique, basé sur des tests afin d’évaluer le degré de la maladie, la prise des médicaments antirétroviraux pendant et après l’accouchement et le suivi des nouveau-nés pendant les premières années  suivant leur naissance.

Nourhane. S.