Les relations entre l’Algérie et l’Union européenne prennent une nouvelle tournure. Plus de 13 ans après la signature de l’accord d’association qui lie les deux parties, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, est à Alger pour « pousser cette coopération » que la responsable qualifie de déjà excellente.

« Nous travaillons beaucoup sur plusieurs dossiers importants aussi bien pour l’Europe que pour l’Algérie, comme la situation dans la région, notamment le Mali et la Libye, mais aussi sur la question sécuritaire, la lutte antiterroriste ainsi que sur la coopération économique algéro-européenne », a-t-elle déclaré à son arrivée à Alger. La partie algérienne « saisira l’opportunité de cette visite pour réaffirmer son engagement à œuvrer de concert avec les nouveaux dirigeants de l’UE pour le renforcement des liens de coopération avec l’UE, ses institutions et ses Etats membres en vue de la promotion d’un partenariat global, multidimensionnel et mutuellement avantageux », ajoutera-t-elle.

Mais en réalité, la réévaluation de l’accord d’association est l’axe principal de ces discussions. L’Algérie assure que cette doléance « ne vise nullement à remettre en cause l’Accord d’association, mais bien au contraire à l’utiliser pleinement dans le sens d’une interprétation positive de ses dispositions permettant un rééquilibrage des liens de coopération ». Mais lors de sa récente visite à Bruxelles, Remtane Lamamra avait clairement déclaré que « l’Algérie a beaucoup donné et peu reçu » de son partenaire européen.

Parmi les points que l’Algérie veut revoir celui lié aux droits de l’Homme. L’Algérie a publiquement demandé « le respect de ses choix », disait Lamamra à Bruxelles.

Les sujets économiques sont au cœur des discussions. Les Algériens se sont rendus compte que les européens ont la plus grande part du gâteau, puisque beaucoup de leurs produits bénéficient de plusieurs avantages tarifaires, un avantage dont ne profite jamais l’économie algérienne. Des articles relatifs aux échanges commerciaux vont donc être révisés.

Sur le plus diplomatique, les deux parties s’entendent sur l’essentiel. Seule la gestion de la crise libyenne pose problème, puisque les Européens veulent une intervention armée. Une option que les algériens rejettent totalement.

Essaïd Wakli

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