L’entame de l’opération dénommée «mise en conformité fiscale volontaire (MCFV)», lancée le 2 août dernier pour attirer vers le circuit formel l’argent circulant dans l’informel est différemment appréciée par les banques et l’administration fiscale.

Si les premières se disent plutôt satisfaites, le fisc lui est plutôt sceptique. Pourtant, les 7% de taxe que devront payer les déposants sont directement prélevés par les banques pour  être déposer sur les comptes de l’administration fiscale. En d’autres termes, si les institutions bancaires applaudissant le début de l’opération, il devrait en être de même pour le fisc, à moins que l’une des deux parties exagère ou minimise la portée de l’entame de cette opération.

 «Le dispositif a commencé il y a un mois et nous avons déjà enregistré  les premières opérations de placement au niveau de plusieurs banques. C’est  un début prometteur et un signal très positif pour la conduite de ce programme», a déclaré à cet effet à l’APS, Boualem Djebbar, président de l’Association des banques et établissements  financiers (ABEF).

Le P-dg du CPA (Crédit Populaire d’Algérie), Omar Boudieb, a même révélé que «la banque a déjà collecté près de 300 millions de DA en plus de promesses de placement pour 2 milliards de DA». Un enthousiasme qui n’est pas partagé par les responsables des impôts. «L’opération a débuté durant un mois de vacances, on ne peut pas parler d’engouement en ce qui concerne nos services, par contre certains sont venus solliciter des informations pour voir comment ça se passe et toutes les explications leur ont été données»,a déclaré le Directeur général des impôts , Abderrahmane Raouia.

«Les gens sont encore réticents, ils craignent par exemple que la banque envoie une déclaration de soupçon sur l’argent déposé, ou que l’administration des impôts procède à la vérification fiscale après la mise en conformité… Ils se donnent donc une période d’observation», a ajouté un autre responsable des impôts, en l’occurrence le directeur de l’informatique et de la documentation fiscales (DIDF) au sein de l’administration fiscale, Yahia Oukssal.

En d’autres termes, contrairement aux banquiers, les responsables des impôts ne sont pas du tous contents du début de l’opération.

Elyas Nour