Venus exprimer leur rejet de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, à l’occasion du 10e anniversaire de son adoption, plusieurs familles et proches de disparus ont été empêchés de tenir leurs rassemblements au niveau de différents endroits à Alger-centre, dans la matinée de ce mardi 29 septembre.

A la place Audin, à la Grande poste ou encore devant l’Assemblée populaire nationale (APN), les manifestants, dont la plupart sont des personnes âgées, notamment des mères de disparus, ont été violemment réprimés, malmenés et nombre d’entre eux arrêtés et transférés dans plusieurs commissariats d’Alger, a-t-on appris des protestataires.

Ces derniers arboraient des portraits de leurs proches disparus et et des pancartes portant des slogans tels « Non à la réconciliation sans vérité », « Où sont nos enfants ». Nos interlocuteurs, qui ont l’habitude de mener de telles actions chaque année à cette date, indiquent que « la brutalité des policiers était cette fois d’une rare violence ». « Le 29 septembre de chaque année, nous organisons des manifestations de rue pour rappeler au pouvoir que le dossier des disparus n’est toujours pas clos. Nous exigeons à l’occasion, pacifiquement, que la vérité soit connue sur le sort de nos proches. C’est un droit légitime. Mais malheureusement, comme à l’accoutumée, la réponse des autorités est la répression et les arrestations. Ce matin, l’intervention des policiers était musclée et plus violente que d’habitude. Personnellement, j’ai été arrêté, ainsi que d’autre manifestants, puis emmené au commissariat de Soustara, avant d’être relâché vers 14h 30″, témoigne Ferhati Hacène, dont le frère Mustapha est porté disparu depuis le 28 mai 1998, à l’âge de 26 ans.

Des organisations de défense des droits de l’Homme ont réagi en dénonçant « une atteinte à la liberté d’expression ». « Les rassemblement des familles des disparus, prévus à Alger contre la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, dix ans après sont adoption, ont été violemment empêchés. Des dizaines d’arrestations (hommes et femmes) ont été opérées. Certains ont été relâchés, d’autres pas encore », a déploré la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) dans une alerte vers 15h00. Et la LADDH de dénoncer « cette répression et cette atteinte à la liberté d’expression », avant de réaffirmer « toute sa solidarité avec les familles des disparus dans leur résistance contre l’oubli et leur combat pour la vérité et la justice. »