En dépit du peu d’intérêt manifesté à son initiative de reconstruction du consensus national, tant chez les partis d’opposition que ceux du pouvoir ainsi que la société civile en général, le Front des forces socialistes (FFS) ne désespère toujours pas et ne semble pas près de renoncer à son projet.

En effet, le parti de Hocine Aït Ahmed a remis au goût du jour ce qu’il présente comme une alternative au statu quo actuel à l’issue de la session ordinaire de son Conseil national du FFS tenue hier vendredi. Ce dernier recommande ainsi de « poursuivre dans la sérénité et la détermination le travail d’élaboration d’un cadre de concertation pour renforcer le dialogue avec les acteurs politiques et sociaux, et élargir aux citoyens le débat sur le consensus national ». Il invite également les militants du parti à « commémorer le 52ème anniversaire de la création du FFS sous le signe de la fidélité à notre héritage historique, à nos valeurs et à notre ligne politique et de notre engagement à garder le cap de la reconstruction du consensus national pour une alternative démocratique et sociale fondée sur un Etat de droit ». Voulant impliquer la société civile dans son projet, le FFS suggère « d’ouvrir rapidement un débat, dans un cadre qui reste à déterminer, avec le mouvement associatif et syndical. L’objectif étant de donner suite aux revendications des citoyens sur l’emploi et la préservation du pouvoir d’achat menacés par la crise, assurer la défense du service public, garantir l’accès de tous aux services de base et le soutien des produits de première nécessité ».

Par ailleurs, analysant la situation générale du pays, le Conseil national du FFS « constate que la crise politique, économique et sociale ne date pas d’aujourd’hui. Elle est, lit-on dans l’introduction des résolutions de ladite session, la résultante de la faillite de toutes les politiques prônées par le pouvoir, depuis l’Indépendance et de son obstination à maintenir le statu quo et le rejet de toute alternative crédible. » Le FFS tient ainsi « le pouvoir pour responsable » de la crise actuelle et « de tout ce qui pourrait provoquer l’irréparable ». »C’est une contre vérité que de prétendre que la crise économique et financière actuelle est la conséquence exclusive de la chute des revenus pétroliers. En panne d’une vision et d’un projet d’avenir, le pouvoir est en train d’exploiter l’aspect économique d’une crise multidimensionnelle pour faire peur à la population et neutraliser toute aspiration politique au changement pacifique et démocratique du système », analyse-t-on. Le FFS compare le pouvoir à « un pompier pyromane » qui, d’après lui, « il (le pouvoir, NDLR) impose des mesures d’austérité qui menacent les acquis sociaux des Algériennes et des Algériens ». Concernant les dernières « restructurations menées dans l’administration civile et militaire« , le FFS soupçonne des manœuvres visant « à pérenniser le système ».

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