Pour le pouvoir, la charte pour la paix et la réconciliation nationale n’est pas qu’un simple texte. La loi, votée en 2005, va être insérée dans la prochaine révision de la constitution. C’est ce qu’annonce le conseiller de Abdelaziz Bouteflika pour des questions des droits de l’Homme, Kamel Rezzag-Bara, qui s’est exprimé mardi matin sur les ondes de la radio nationale.

« Je crois que dans le projet de (révision) de la Constitution, il y a deux éléments: constitutionaliser les principes de l’alternance et constitutionaliser la paix et la réconciliation comme étant l’un des fondement à partir duquel le pays pourra prévenir et dépasser les risques éventuels de confrontation », a-t-il indiqué.

Interrogé sur le chiffre de 300.000 à 500.000 des victimes de la tragédie nationale, avancé par certains médias et organisations internationales, M. Rezzag  Bara a dit qu’il réfutait « catégoriquement ces chiffres fantaisistes ».  « Les (vrais) chiffres sont à la disposition de la Commission nationale  de mise en oeuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale,  présidée par le Premier ministre (…), je pense qu’il faut attendre le rapport global de cette commission », a-t-il relevé.

Ces déclarations interviennent à l’occasion de la célébration du 10ème anniversaire de l’adoption de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Elles démontrent notamment que le pouvoir ne se soucie guère de l’importance que peut avoir une constitution. Car, si la loi portant réconciliation nationale est appelée à être « révisée » à tout moment, une constitution est pérenne. Elle doit survivre aux hommes et aux régimes.

Certaines voix proches du pouvoir, dont le président de la Cellule de suivi de la Charte, Merouane Azzi et le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des Droits de l’Homme, Farouk Ksentini, ont même plaidé pour l’institution de l’amnistie générale.

Essaïd Wakli