Etudier le soir, est-ce réellement dangereux pour la société algérienne ? Cela sera-t-il préjudiciable à l’université ? C’est ce que semble croire le député Hassan Laribi, membre du Front pour la justice et le développement (FJD), un parti d’obédience islamiste, qui considère que la décision du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique d’allonger les heures d’enseignement au niveau des universités algériennes jusqu’à 20h est une alternative nuisible et déconseillée.

Après les fausses polémiques autour des jupes courtes et les multiples campagnes de chasteté, c’est donc au tour de cette proposition de créer une nouvelle polémique dans le secteur. Pour justifier son rejet, le député islamiste tente d’argumenter:  « Les jeunes filles universitaires seront plus exposées à la délinquance, à la prostitution et au kidnapping ».

Doutant de la capacité du gouvernement et des autorités à protéger les étudiantes des dangers de la rue le soir, le député conservateur estime que cette décision pourrait porter gravement préjudice à la cohésion de la société algérienne car « elle menace les valeurs et la morale » sociales.  Il est à signaler que cette décision a été adoptée par le ministère de l’Enseignement supérieur dans le but de désengorger les classes dans certaines universités et instituts.

S’adressant au ministre Tahar Hadjar, jeudi dernier à l’APN, M. Laribi a proposé d’accompagner cette décision par des mesures de sécurité afin de prévenir les conséquences fâcheuses qui peuvent en découler, notamment sur les étudiantes. Le député est allé même jusqu’à se demander si le ministre n’était pas influencé par « un mouvement laïc vicieux qui voudrait nuire à la société Algérienne et à l’université ». « Cette décision est loin de résoudre le problème du manque d’infrastructures universitaires pour accueillir les étudiants étant donné qu’elle n’est pas convenable et ne s’adapte pas à la nature de la société », a-t-il déclaré. Mettant l’accent sur le nombre impressionnant et lourd des problèmes dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, M. Laribi a suggéré l’adoption de solutions « adaptées » à la société.

Nourhane. S.