Agriculture/ Trois millions d’hectares de bonne terre abandonnés en Algérie

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Le chiffre fait froid dans le dos. Alors que l’Algérie a importé en 2014, pour plus de 11,5 milliards de dollars de produits agricoles et alimentaires afin de nourrir sa population, pas moins de trois millions d’hectares de terres agricoles sont abandonnés. 

C’est un véritable gâchis, dénonce ce mercredi au micro de la radio Chaîne III le directeur général de l’Institut technique des grandes cultures (ITGC), Omar Zeghouane. Selon ce dernier, l’Algérie est en mesure de doubler sa production agricole annuelle si les surfaces laissées en jachère sont cultivées.  Cela signifie clairement que nous avons largement les moyens de réduire drastiquement la facture de nos importations alimentaires qui induit un déséquilibre important au niveau de notre balance de paiement. Nous perdons inutilement des milliards en devises, alors que nous pouvons produire ce que nous importons, si nous cultivons toutes nos terres agricoles.

Omar Zeghouane a souligné également que les agriculteurs qui croient que « la pratique de la jachère »  va reposer la terre pour mieux la cultiver ensuite, commettent une erreur fatale qui nuit à la production agricole de notre pays. Mettre en jachère les terres  ne leur permet pas vraiment de se reposer, « bien au contraire, le fait de travailler le sol, de le préparer et de le laisser à nu pendant toute une année voir plus, n’est pas rentable économiquement pour l’agriculteur, puisqu’il perd une année de production. Sur le plan agronomique, la terre perd de sa fertilité, donc de son potentiel de production », a-t-il par ailleurs indiqué. Toutefois, pour plusieurs autres acteurs du secteur agricole, le manque cruel de main-d’oeuvre et les ratages de la politique de soutien aux agriculteurs explique, pour beaucoup, l’abandon des terres cultivables.