Au moins une dizaine d’émigrés algériens en situation illégale en Espagne auraient été blessés suite à une mutinerie survenue durant la nuit du 6 au 7 septembre courant, au Centre d’internement d’étrangers (CIE) de Valence.

Selon un membre de Campagne pour la fermeture des CIE, une association qui lutte pour la fermeture de ces établissements et défend les droits des migrants qui y sont internés, cette nuit-là, « vers 23h, une escarmouche a éclaté entre les prisonniers et la police espagnole. Suite à quoi, plusieurs prisonniers sont montés sur le toit de l’établissement et y sont restés jusqu’à 1h du matin. La police, épaulée par les pompiers a finalement réussi à les faire descendre. Des témoins, ajoute-t-on de même source, ont signalé que la police a tiré sur les migrants avec des balles en caoutchouc et des cris tel que ‘reddition’ ont été entendus. »

Notre source dénonce un « traitement raciste » de la part de la police espagnole à l’encontre des émigrés algériens. « Une fois la situation contrôlée par la police, affirme notre contact, tous les migrants algériens ont été isolés et responsabilisés de la mutinerie. Cela constitue une accusation à caractère raciste de la part de la police espagnole. Car, il y avait sûrement des Algériens parmi les révoltés, mais est-ce que tous les Algériens étaient coupables ? De plus, des témoignages indiquent que la police espagnole les a frappés à coups de matraque. Ils ont ensuite été traduits devant le juge avant de regagner le CIE et ils peuvent être déportés en Algérie prochainement. »

Notre source souligne toutefois que « les faits restent à éclaircir car la police et le gouvernement espagnols ne nous laissent pas entrer au CIE afin de nous enquérir de la situation. Alors, précise-t-il, nous ne pouvons pas savoir exactement le nombre de blessés ni la gravité des blessures. Mais, soutient-il, ce qui est sûr, c’est que entre dix et quinze Algériens ont été blessés et ils risquent d’être déportés. D’autant plus que deux mineurs avaient déjà été déportés ».

Le militant de Campagne pour la fermeture des CIE s’indigne, en outre, quant au « silence observé par les autorités consulaires d’Algérie en Espagne, particulièrement par le consul général à Alicante ».  « Malheureusement, se révolte-t-il, à chaque fois qu’il s’agit des CIE,  les autorités algériennes et le consulat d’Alicante ne réagissent pas. Ils n’accomplissent pas, regrette-t-il, leur devoir de protéger leur concitoyens et leurs droits. »

A souligner que cette mutinerie a été largement rapportés par les médias espagnols sans toutefois se focaliser sur la nationalité des blessés ni sur le présumé traitement raciste réservés aux internés algériens.