Elle s’appelle Naima Hassaine. Elle est l’employée d’Air Algérie à l’aéroport d’Oran qui a soulevé une vague d’indignation nationale après la diffusion d’une vidéo accablante sur Internet où elle apparaît en train d’humilier un simple passager originaire de Béchar. Cette chef de groupe du réseau domestique d’Air Algérie à l’aéroport d’Oran a été suspendue de ses fonctions depuis le 1er septembre dernier suite à une décision prise par la direction générale d’Air Algérie. 

Cependant, personne n’avait voulu connaître la version de cette employée d’Air Algérie. Personne n’avait daigné lui donner la parole pour qu’elle s’explique et raconte ce qui s’est passé réellement le jour où elle avait été filmée par un citoyen lambda. Naima Hassaine a été accablée, vilipendée et condamnée sans que personne ne lui donne le droit de se défendre.

Algérie-Focus a contacté ce samedi Naima Hassaine. En larmes, elle a confié sa colère, sa profonde déception et évoque « une terrible injustice » dont elle se dit victime. « Mensonges et calomnies ! Tout ce qui a été raconté sur les réseaux sociaux et par la presse est un pur mensonge. C’est moi la victime dans toute cette histoire et plusieurs témoins peuvent l’attester », s’écrie en pleurs Naima Hassaine. « J’ai été insultée pendant plus d’une heure par ce passager qui m’a menacée et tenté de m’agresser. J’ai été secouru par un agent de ma compagnie qui peut témoigner et attester de la véracité des faits que j’avance », ajoute encore notre interlocutrice qui n’oubliera jamais ce 31 août 2015. Ce jour-là, cette chef de groupe de la compagnie Air Algérie devait gérer le départ de 4 vols du réseau domestique. Des vols à destination de Béchar, Annaba, Constantine, etc.  Le vol à destination de Béchar était prévu à 15 H 10. « Ce vol était assuré par un avion ATR pouvant transporter à peine une soixantaine de voyageurs. Or, quand j’ai pris mes fonctions à l’aéroport, j’ai trouvé au niveau du comptoir une liste d’attente de pas moins de 30 personnes. Ce qui constitue une anomalie car au regard de la taille de l’avion, il aurait fallu établir une liste d’attente de pas plus de 6 personnes », raconte Naima Hassaine laquelle ne manque pas de signaler que cette « anomalie » ne relève nullement de sa responsabilité puisqu’il n’est pas de ses prérogatives de dresser les listes d’attente.

« Et c’est à ce moment-là qu’un passager originaire de Béchar se présente pour me demander de lui trouver une place dans l’appareil qui va décoller  à 15 H 10. Je lui ai expliqué tranquillement que son nom ne figurait même pas sur la liste d’attente. En plus, l’appareil était plein à craquer et aucun absent n’a été encore signalé parmi les passagers enregistrés. Mais ce monsieur n’a pas voulu entendre raison et il s’est mis à m’insulter en usant de propos très vulgaires. J’ai gardé mon calme pendant plus d’une heure. Et il n’avait pas cessé de revenir à la charge. A la fin, il est venu me montrer sur son téléphone les photos qu’il avait prises de moi. Il m’a menacée de les transmettre à plusieurs quotidiens nationaux pour m’humilier. Et là je n’ai pas pu retenir ma colère et je lui ai lancé cette phrase : vas te plaindre à qui tu veux ! », témoigne Naima Hassaine.

Notre interlocutrice souligne qu’après avoir constaté que ce passager avait attenté à sa vie privée en la prenant en photo sans son autorisation, elle avait saisi la police de l’aéroport d’Oran. Un responsable de la police aéroportuaire s’est lancé à la recherche de ce passager. Mais ce dernier avait d’ores et déjà déguerpi. « J’ai déposé plainte au niveau du tribunal d’Oran car ces photos et cette vidéo est une atteinte à la vie privée. Je suis dans un état lamentable depuis que des quotidiens aient repris ses photos sans prendre la moindre précaution. J’ai été touchée dans mon honneur car ce passager malhonnête a truqué la vidéo avant de la diffuser sur Internet. Pourquoi n’avait-il pas diffusé les passages pendant lesquels il m’insultait, il m’humiliait et tentait de m’agresser ? Ce qui m’est arrivée est une profonde injustice. Personne n’a voulu entendre ma version. J’ai, pourtant, tout rédigé dans mon rapport adressé à ma hiérarchie. Je suis vraiment très malheureuse », conclut, enfin, d’un ton amer Naima Hassaine.