Hier, mardi, nous avons entamé notre immersion au cœur du sérail en dressant le parcours des « Hommes du Président ». Des hommes sur lesquels s’appuie Abdelaziz Bouteflika pour maintenir les équilibres du pouvoir algérien et prendre les décisions stratégiques. Ce cabinet est formé de conseillers et de hauts commis de l’Etat dont l’influence est de plus en plus grandissante au sein des arcanes de l’Etat. 

 Le rang et le parcours de ces hommes renseignent bien sur le fonctionnement du sérail algérien. Pour éclairer la lanterne de nos lecteurs, voici la liste et les portraits de ces personnes influentes qu’Abdelaziz Bouteflika consulte lorsqu’il s’apprête à prendre des décisions stratégiques. Voici la suite de la liste des personnes qui composent le noyau dur du sérail algérien :

– Abdelmalek Sellal : 

Abdelaziz Bouteflika lui voue une grande affection. Sellal incarne le parfait « fidèle serviteur ». Technocrate discipliné, maîtrisant les rouages de l’administration, Sellal a été longtemps d’une aide précieuse à Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier n’a pas hésité à le propulser aux devants de la scène en lui confiant la délicate mission de diriger le gouvernement. Sellal est-il, pour autant, le dauphin d’Abdelaziz Bouteflika ? Pas si sûr…

– Ahmed Gaïd Salah : 

Général-Major et Chef d’Etat–Major de l’Armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah est un allié de poids pour Abdelaziz Bouteflika. Ensemble, ils ont mené des changements drastiques au sein de l’armée. Et ce n’était pourtant guère facile. Pour écarter les généraux « janviéristes » des années 90, Bouteflika avait besoin de se constituer son propre réseau d’influence au sein de l’establishment militaire. Dés 2004, Ahmed Gaïd Salah a conclu un pacte avec Abdelaziz Bouteflika pour faire face au général Mohamed Lamari, décédé en février 2012, qui avait enclenché les hostilités afin d’évincer Bouteflika du pouvoir. Gaïd Salah a joué un rôle clé dans le déploiement de la stratégie de Bouteflika qui avait réussi à tisser des alliances stratégiques pour noyauter l’establishment militaire.

– Mourad Medelci : 

C’est l’un des rares hommes qui jouissent de la grande confiance d’Abdelaziz Bouteflika. Originaire de la région que le Président, Mourad Medelci a gravi les échelons petit à petit depuis l’arrivée au pouvoir de Bouteflika. Après avoir subi plusieurs tests dans toutes les fonctions qu’il avait occupées, Mourad Medelci hérite d’une mission hautement stratégique aux yeux du Chef de l’Etat : diriger le conseil constitutionnel et éviter à tout prix que ses adversaires puissent actionner l’article 88 et le destituer pour des raisons de santé. Pour l’heure, Medelci a pu éviter un tel scénario en dépit de l’état chancelant de son protecteur.

– Mohamed Ali Boughazi : 

Cet ancien membre du parti islamiste Ennahda d’Abdellah Djaballah est un conseiller précieux pour Abdelaziz Bouteflika. Fin connaisseur de la mouvance islamiste et de ses secrets d’alcôves, il a joue un rôle indispensable dans les rapports qu’entretient le Président avec les leaders islamistes. Il est de toutes les négociations et pourparlers secrets avec la mouvance islamiste. C’est un intermédiaire de grande qualité aux yeux de Bouteflika. Excellent arabophone, Ali Boughazi rédige aussi les discours présidentiels à plusieurs occasions.

–  Noureddine Zerhouni- Yazid : 

C’est un ami de longue date. Même s’il n’occupe aucune fonction officielle apparente, l’ancien ministre de l’Intérieur est resté très proche d’Abdelaziz Bouteflika. Leurs entrevues n’ont jamais cessé. Issu du monde du renseignement, Noureddine Zerhouni a conseillé le Président à nombreuses reprises au sujet de ses relations avec les hauts gradés du DRS. Pour avoir fréquenté et connu le général Toufik, le patron du DRS, Zerhouni fournit des grilles de lectures qui éclairent la lanterne d’Abdelaziz Bouteflika.

– Le général Abdelghani El Hamel :

Ce militaire de carrière est un homme sur lequel compte beaucoup Abdelaziz Bouteflika. Aux yeux du Président, El Hamel incarne l’élite militaire de l’après-Indépendance. Discipliné et structuré, El-Hamel a juré fidélité à Abdelaziz Bouteflika depuis longues années. En guise de récompense, le Chef de l’Etat lui a confié la difficile tâche de redresser la DGSN, la police algérienne, juste après l’assassinat d’Ali Tounsi. Restructurer les renseignements généraux pour en faire un service d’investigation fort et puissant, telle est la deuxième mission que Bouteflika a confié à son homme de confiance. Le Président a toujours rêvé d’avoir un équivalent du FBI pour ne pas dépendre du « pouvoir occulte » du DRS. El-Hamel s’exécute pour accomplir cette mission. Il faudra du temps pour juger de son efficacité.

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