Après un été passé dans un mutisme total, Ahmed Ouyahia s’apprête, de nouveau, à occuper les Une de la presse nationale et, pourquoi pas, mondiale. Le secrétaire général « par intérim » du RND et non moins directeur de cabinet de la présidence de la République va présider, ce week-end, une réunion du bureau politique de son parti. L’ancien Premier ministre animera, à l’issue de la rencontre, une conférence de presse. Ce sera la première de la rentrée.

Ahmed Ouyahia, connu pour ses positions « caméléonesques » qui changent au gré des circonstances, va certainement profiter de la rencontre avec les médias pour atténuer un peu ses attaques, de plus en plus violentes et ciblées, qu’il adresse depuis un moment à Abdelmalek Sellal. Lors de la récente rencontre qu’il a eue avec les parlementaires de son parti, Ahmed Ouyahia aurait même traité le gouvernement de « populiste ». Il a dénoncé la manière avec laquelle est traitée la crise économique. Puis, lorsque le gouvernement a refusé de reconnaître la gravité de la situation économique, l’ancien chef du gouvernement a nommé les choses. Le pays est « dans une crise financière réelle », a ainsi noté le RND dans un récent communiqué.

Ahmed Ouyahia, qui a présidé le gouvernement trois fois en 20 ans, n’est plus aux affaires depuis 2012. L’homme a même disparu des écrans à un certain moment. Mais comme à ses habitudes, il sait attendre son tour et réssurgir au moment où on l’attend le moins. L’un des hommes les plus impopulaires du régime frappe Bouteflika d’une main et le caresse de l’autre. Sans cela, Ouyahia n’est probablement rien de plus qu’un sombre fonctionnaire de l’Etat. Loin du « serviteur zélé » qu’il est.

Il ne faut donc pas s’attendre à des miracles. Ouyahia va certainement répéter que la situation économique est grave. Mais il va une nouvelle fois déclarer sa flamme à Abdelaziz Bouteflika.

Essaïd Wakli