Quelques jours seulement après que le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchaouareb, se soit violemment attaqué à l’industriel Isaad Rebrab, voila que l’opinion publique algérienne apprend que trois hommes d’affaires se sont vus attribuer des autorisations pour créer des raffineries de sucre, ceci au moment où le marché est saturé. L’objectif n’est autre que de casser le « monopole » du groupe Cevital.

A cet effet, il faut noter que deux des trois hommes d’affaire qui ont été autorisés à fabriquer du sucre ne sont que Mazouz, du groupe Mazouz, et Kouninef, de KouGC, deux personnalités connues pour être très proche du cercle présidentiel.

L’un des deux, Mazouz en l’occurrence, a affirmé, aujourd’hui, sur les colonnes du quotidien arabophone «Ennahar» que sa raffinerie, qui, selon lui, entrera en activité en 2017, va vendre le sucre à 45 dinars, à la sortie d’usine. Le prix, ajoute-t-il, ne dépasserais pas les 55 dinars, auprès des détaillants. Un tarif loin des 80 dinars pratiqué actuellement, semble-t-il insinuer.

Il est clair que le message est lancé en direction de Cevital, qui détient les plus grosses parts de marché. Il est surtout populiste, dans la mesure où personne ne peut prédire les prix du sucre d’ici deux ans, puisque tout dépend des cours sur le marché mondial, l’Algérie était un importateur net. Les prix suivront donc automatiquement leur évolution sur le marché international.

Ce qui est évident, c’est que plusieurs hommes d’affaires ont profité de l’animosité qui existe entre le patron de Cevital et le gouvernement pour se placer sur le marché national de ce produit essentiel. Ceci pour ne pas dire que quelque uns d’entre eux ont carrément été «approchés» par des décideurs afin de s’engager dans la bataille du sucre.

Elyas Nour