La ministre française de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, a passé les deux derniers jours à Alger, afin de s’entretenir avec ses homologues algériens, et dans le but de promouvoir les relations bilatérales entre les deux pays, notamment dans le cadre de partenariats et d’accords sur l’éducation et la jeunesse.

D’autres membres du gouvernement français seront de retour prochainement en Algérie dans le cadre d’un comité intergouvernemental, début 2016. Il faut dire qu’un certain de nombre de dossiers de coopération entre les deux pays n’a cessé de s’ouvrir depuis la présidence de François Hollande.

La ministre française a donc eu l’occasion de s’entretenir avec ses trois homologues algériens, à savoir la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki et le ministre de l’Enseignement supérieur, M. Tahar Adjar.

Mobilité internationale et coopération universitaire

Najat Vallaud-Belkacem a souligné, pendant la conférence de presse du 25 Octobre, les efforts entrepris par le gouvernement français pour soutenir la mobilité étudiante entre les deux pays. Actuellement, sur les 300,000 étudiants étrangers qui suivent un cursus en France, il y a 22,000 Algériens.

L’un des objectifs du ministère de l’Enseignement supérieur français consiste notamment à diversifier les projets éducatifs des étudiants étrangers que la France reçoit sur son sol : « les étudiants algériens sont souvent attirés par les universités françaises, mais nous voulons aussi les encourager à tenter leur chance pour entrer dans les grandes écoles ».

La volonté d’attirer des étudiants algériens se fait dans la cadre plus large de la politique internationale de l’enseignement supérieur français. Alors que les étudiants étrangers représentent 12% des effectifs estudiantins actuels, la ministre de l’Enseignement supérieur souhaiterait que ce taux monte à 20% d’ici 2025.

Un des journalistes présent à la conférence de presse a relevé le danger de la « fuite des cerveaux » que représente la politique de mobilité internationale de l’enseignement supérieur français. Paradoxalement, ce « brain drain » est aussi un problème récurrent pour le système universitaire français, qui voit chaque année une partie de ses étudiants partir trouver de meilleures conditions de travail et de recherche dans les universités anglo-saxonnes.

Sur le sujet, Mme. Vallaud-Belkacem a tenté de rassurer les journalistes algériens : bien souvent ce sont des accords communs et des partenariats donnant-donnant qui sont mis en place. Par exemple, à l’égard des doctorants et de la recherche, les thèses en co-tutelle et les doubles diplômes sont vivement encouragés, et tout est fait par le gouvernement français pour que ces étudiants restent, d’une manière ou d’une autre, attachés à leur pays d’origine. C’est aussi dans cette perspective que s’inscrit l’initiative de France Alumni Algérie.

Une rencontre constructive

La ministre a vécu deux moments forts pendant les deux jours passés en Algérie. Tout d’abord, la mise en place du réseau France Alumni Algérie, dédié aux Algériens ayant fait leurs études en France, qui va permettre la constitution d’un vaste réseau professionnel et social, et devrait renforcer les liens entre les communautés professionnelles des deux pays. Ensuite, Mme Vallaud-Belkacem fut reçue par le premier ministre algérien, lui aussi « convaincu que la coopération passe par la jeunesse », et ce fut aussi l’occasion de parler des réformes pédagogiques que mènent actuellement  les deux pays.

Pour la ministre, « ces deux jours furent une expérience intense. » Elle estime avoir été « particulièrement bien accueillie », par « l’administration algérienne », mais aussi par « le peuple algérien.» « J’ai hâte de revenir », affirma-t-elle à l’adresse des journalistes présents à la conférence de presse.

La coopération bilatérale en matière d’éducation est aussi un enjeu stratégique pour la francophonie. Le soutien à l’enseignement du français, à travers une amélioration de la qualité des outils pédagogiques et la formation des enseignants, est en effet une des priorités du gouvernement français, dans une période de l’histoire où les relations entre les deux Etats sont désormais apaisées, permettant à ces questions d’être abordées dans un climat serein.

Tahar S. 

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