Il ne fallait surtout pas rater la fin du séminaire sur le climat des affaires organisé, hier mardi, à l’Institut Français d’Alger, dans la cadre de la visite en Algérie, à la tête d’une délégation de chefs d’entreprise français, du sénateur-maire de Lyon, M. Gerard Collomb.

C’est en effet principalement l’intervention de M.Karim Abdellaoui, un entrepreneur franco- algérien, PDG de APRC, spécialisée dans la conception et la réalisation d’infrastructures logistiques, qui a capté l’attention. M .Abdellaoui a plaidé devant ses pairs de la région lyonnaise, mais aussi devant nombre de dirigeants d’entreprises françaises installées en Algérie de longue date, en faveur d’une démarche très offensive d’investissement dans notre pays. « L’Allemagne, affirme M.Abdellaoui, a renforcé sa compétitivité grâce au développement de ses investissements en Europe de l’Est. La France doit faire la même chose en utilisant l’Algérie pour développer la compétitivité de ses entreprises ». L’entrepreneur lyonnais considère que «  l’Algérie peut devenir le porte-avion des entreprises françaises en Afrique ».

« L’Algérie, le pays le plus stable de la région »

Pour Karim Adellaoui, qui considère l’Algérie comme « le pays le plus stable de la région pour encore de nombreuses années », les délocalisations  d’investissement vers notre pays sont intéressantes à plus d’un titre pour les entreprises françaises. Il mentionne notamment, outre la proximité géographique et le faible coût des transports, ceux également très compétitifs de l’énergie ainsi que  celui de la main d’œuvre. Seul problème, celui « des coûts d’approche qui atteignent couramment 35% de la valeur des produits alors que la moyenne mondiale se situe autours de 5%.»

Et apparemment, M.Abdellaoui sait de quoi il parle. Son entreprise vient d’achever la construction, pour le compte du groupe Cevital, de « la plus grande plateforme logistique du continent africain.» Le développement insuffisant des infrastructures logistiques dans notre pays est un point noir qui a été  souvent mentionné au cours des dernières années. Il a donné lieu, selon le PDG de APRC, à la définition par les autorités algériennes d’un projet classé  d’« intérêt  national »  qui vise la réalisation de pas moins de 24 millions de m2 dont près de 10 millions sont actuellement en cours de réalisation.

Sanofi  réalise 30% de ses investissements africains en Algérie

 Le dynamique PDG d’APRC n’a certainement eu aucun mal à convaincre Pierre Labbé, le directeur général de SANOFI  Algérie, qui dirige depuis plus de 10 ans, une entreprise elle-même installée dans notre pays depuis 1991 «une époque à laquelle les investisseurs avaient plutôt tendance à quitter l’Algérie.» Quelques minutes avant l’intervention de Karim Abdelllaoui, Pierre Labbé avait justement expliqué que  la stratégie de la filiale algérienne du  géant français du médicament, d’abord limitée à l’ambition de capter une partie du marché national, s’oriente aujourd’hui vers l’objectif de constituer en Algérie une « plateforme régionale.» SANOFI Algérie qui dispose déjà dans notre pays de deux usines, en plus de ses associations avec plusieurs partenaires publics et privés, commercialise  en Algérie « plus de 100 millions d’unités dont la moitié sont produites localement, ce qui est déjà très supérieur à la moyenne nationale qui est de seulement 30%», souligne Pierre Labbé. Mais c’est surtout l’investissement en cours de réalisation à Sidi Abdellah qui devrait faire bouger les lignes. Il va permettre la production à partir de 2017 de 100 millions d’unités supplémentaires dont une partie devrait être exportée. Une usine qui va porter, selon Pierre Labbé, les « investissements réalisés par Sanofi en Algérie à plus de 30% des engagements du groupe sur l’ensemble du continent africain.»

Hassan Haddouche