Sans doute incapable d’assumer des choix qui s’avèrent douloureux pour des populations en rien responsables de ce qui arrive au pays, le gouvernement tente d’agir par la ruse. Il tente d’introduire des mesures d’austérité sans soulever les soupçons des Algériens.

Ainsi, a défaut d’augmenter le prix de l’électricité, le gouvernement opère autrement. Le Président-directeur général de Sonelgaz, Nouredine Bouterfa a annoncé, il y a deux jours, la hausse des prix de l’électricité et du gaz « pour les gros consommateurs ». Selon lui, la nouvelle tarification entrera en vigueur en 2016, mais « elle ne touchera en aucun cas le citoyen ordinaire ».

Pourtant, le responsable de la Société nationale de l’électricité et du gaz sait qu’il ne dit pas la vérité. Car, une augmentation des prix de l’électricité et du gaz qui concernera les « gros consommateurs » se répercutera, indéniablement, sur la vie des citoyens. Le raisonnement est très simple : les entreprises seront obligées de répercuter la hausse des prix de l’énergie sur leurs produits ou prestations, ce qui doit entraîner une augmentation systématique et généralisée de tous les biens de consommation. Certains n’hésiteront certainement pas à exagérer même cette augmentation, comme c’est le cas pour de nombreux produits vendus sur le marché local.

L’augmentation des prix de l’énergie risque de toucher même d’autres produits. C’est le cas des carburants qui connaîtront une hausse même symbolique (2 dinars pour le gasoil, par exemple). Mais les industriels et les transporteurs n’hésiteront pas à additionner ces dinars d’augmentation sur leurs services et marchandises.

Autant dire que Bouterfa se moque des Algériens. Même si, il faut le dire, l’homme est à la tête d’une entreprise qui ne peut fonctionner qu’avec le concours de l’Etat. Autrement, elle devra augmenter ses tarifs pour continuer d’exister.

Essaïd Wakli