La nouvelle conjoncture économique et financière qui secoue l’Algérie a dégradé dangereusement ses notes économiques. Vendredi, le célèbre l’assureur crédit export Credendo a classé l’Algérie parmi les pays présentant un risque commercial « très élevé ». 

Cette mauvaise note va décourager les investisseurs étrangers qui désirent s’implanter en Algérie au moment où notre pays a cruellement besoin d’attirer des financements extérieurs pour rompre avec sa dépendance vis-à-vis des importations. Une dépendance qui ruine les finances de l’Etat algérien en cette période difficile marquée par la chute brutale des prix du pétrole. L’inefficacité et le manque de réactivité des autorités algériennes a porté encore un préjudice à la réputation de l’Algérie.

Credendo, un assureur belge dont les notes et rapports sont considérés comme une référence mondiale par les investisseurs internationaux, vient de dégrader l’Algérie dans la catégorie C, à savoir la catégorie des pays présentant le risque commercial le plus élevée (sur une échelle allant de A à C). Cette très mauvaise note s’explique, surtout, par les effets d’une brusque dévaluation, de taux d’intérêt réels élevés, d’une récession économique, d’un contexte de corruption généralisée, etc. Après avoir subi depuis septembre 2014 une dépréciation d’environ 30 % du dinar algérien par rapport au dollar, l’économie algérienne demeure dominée par l’État et s’avère encore  déficiente en matière de compétitivité et d’environnement des affaires, regrette cet assureur belge qui ne voit donc pas de raison d’améliorer son évaluation du risque commercial.

En résumé, pour Credendo, l’Algérie est un pays qui ne doit pas intéresser les investisseurs étrangers. Et mêmes les investissements dans les hydrocarbures ne présentent pas de perspectives prometteurs. « Et ce pour deux raisons : d’abord, la sécurité, en particulier depuis les attentats du complexe gazier d’In Amenas en 2013, est devenue une préoccupation forte de la part des investisseurs. Ensuite, les grands investisseurs hésitent sachant que la compagnie nationale Sonatrach détiendra obligatoirement une participation majoritaire dans les projets de pétrole et de gaz du pays », note le rapport de Credondo qui n’affiche aucun optimisme concernant l’avenir économique de l’Algérie.

« Nous pensons que la baisse des prix de l’or noir va durer un moment et que la balance des comptes courants va beaucoup souffrir et donc le budget, car les hydrocarbures représentaient plus de 85 % des recettes de la balance courante en 2013 »,  a reconnu enfin Jolyn Debuysscher, analyste risque pays chez Credendo, dans une déclaration faite au MOCI, un magazine d’information professionnel dédié aux acteurs et enjeux du commerce extérieur.