Attaqué de toute part, le pouvoir organise sa riposte. Après avoir confié la réponse aux «19» à un Amar Saadani maladroit, le pouvoir tente d’organiser sa communication.

Deux de ses figures de proue, à savoir le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le directeur de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, ont tenté, lors de ce week-end de donner l’image d’un pouvoir « sage » qui défend son chef. Puis, les deux hommes ont tenté de calmer le jeu avec une opinion publique de plus en plus méfiante.

Alors que les attaques du pouvoir ciblaient, jusque là, l’opposition, elles sont dirigées cette fois-ci contre des personnalités réputées être des proches du chef de l’Etat. D’où la difficulté affichée, par exemple, par un Ahmed Ouyahia d’habitude arrogant lorsqu’il s’agit de s’en prendre à un opposant. Lors de son passage, samedi soir, sur le plateau de Dzaïr News, le secrétaire général « par intérim » du RND a ménagé des personnalités qui l’ont pourtant attaqué. « Je n’ai pas de commentaire à faire », s’est-il contenté de répondre. Il a par contre attaqué la CLTD et l’ISCO qui ont, pour lui, « discuté du sort de l’Algérie en quatre heures ».

Le discours d’Ahmed Ouyahia rejoint celui d’Abdelmalek Sellal dans sa réponse sur l’état de santé du chef de l’Etat. Les deux hommes reconnaissent l’évidence : oui, le chef de l’Etat est fortement handicapé. Oui, Abdelaziz Bouteflika est dans l’incapacité de parler et de sortir. Mais, «c’est le président de la République qui dirige», disent les deux hommes, chacun avec ses mots.

En montant ainsi au créneau, les deux dirigeants veulent démentir à tout prix les rumeurs, devenues de plus insistantes, sur la capacité du chef de l’Etat à gérer les affaires du pays. Mais en aucun cas, les deux hommes ne répondent sur la question de savoir pourquoi Abdelaziz Bouteflika ne veut pas recevoir les personnalités nationales qui en ont fait la demande. Ils n’ont pas dit non plus s’il acceptait de les recevoir ou pas. Pour le reste, les deux responsables partagent désormais une opinion : la situation économique du pays est très grave. Mais ils ne veulent pas reconnaître leur part de responsabilité dans ce désastre.

Essaïd Wakli

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