« Nous savons des choses très graves commises contre l’Algérie, son peuple, ses institutions et son indépendance ». C’est avec ces mots effrayants que l’ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi, s’est exprimée pour expliquer le bien-fondé de l‘initiative des 19 personnalités qui ont demandé audience au Président Abdelaziz Bouteflika.

« C’est justement parce que les faits sont graves que nous ne pouvons les porter qu’à la personne du Président. Cependant, je peux vous dire que les institutions de la République sont menacées de disparition », a encore révélé, dans les colonnes du quotidien Liberté, Khalida Toumi qui mène aujourd’hui une bataille politique pour sauver le pays du danger que représente, à ses yeux, certains lobbies et cercles influents qui auraient manipulé Abdelaziz Bouteflika pour lui imposer des décisions mettant en cause l’intégrité des institutions de l’Etat algérien. Celle qui a dirigé le ministère de la Culture pendant 12 ans, de 2002 à 2014, multiplie, ces derniers jours, les sorties médiatiques où elle « terrorise » les Algériens avec des informations gravissimes d’après lesquelles le Chef de l’Etat est devenu une marionnette qu’agite d’obscurs conseillers et oligarques.

En dépit de la gravité de ses propos, Khalida Toumi ne veut fournir aucun détail sur ce qu’elle sait. Elle accuse, mais ne révèle aucune information à l’opinion publique désemparée face à cette opération politique aux objectifs flous. Pourquoi Khalida Toumi veut-elle uniquement parler à Abdelaziz Bouteflika et snobe-t-elle les Algériens ? Ces derniers ne sont-ils pas suffisamment mûrs pour comprendre ce qui se passe dans leur propre pays ?

L’ancienne ministre de la Culture a côtoyé durant de longues années le sérail. L’entourage de Bouteflika n’a pas bougé d’un iota depuis qu’elle avait quitté ses fonctions de ministres. Pourquoi n’a-t-elle pas démissionné à cette époque pour protester contre l’influence néfaste des « oligarques » ou de certains « conseillers » du Président ?

Entre 2004 et 2007, Amar Saâdani, l’homme qu’elle qualifie avec mépris de « grossier » et de « malhonnête », était président de l’APN, au moment même où elle occupait une fonction ministérielle. Nous n’avons jamais vu Khalida Toumi contester Amar Saâdani lorsqu’elle se rendait au Parlement pour rencontrer des députés. Nous n’avons jamais vu la ministre se plaindre de quoi que ce soit lorsqu’elle occupait ses bureaux au Palais de la Culture sur les hauteurs d’Alger. Et soudainement, Khalida Toumi redevient l’opposante engagée que les Algériens avaient connu durant les années 80 et 90. Est-ce le miracle d’une renaissance ou s’agit-il d’un changement de posture dictée par des manœuvres politiques ? Quoi qu’il en soit, Khalida Toumi doit savoir une fois pour toute que les Algériens ont le droit de connaître ce qu’elle détient comme informations sur leur pays, leur avenir. Ils ont le droit d’exiger d’elle de s’expliquer et de tout révéler pour que chacun puisse juger de sa crédibilité.

L’Algérie n’appartient pas uniquement à monsieur Abdelaziz Bouteflika. C’est le bien de tous les Algériens. Et Khalida Toumi devrait éprouver autant de respect à son Président qu’à son propre peuple.

  

Notez cet article