Les interdictions gagnent les rares espaces de libertés qui restent encore en dehors de l’emprise du pouvoir. Ainsi, dans une correspondance adressée aux responsables des structures universitaires, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique enjoint les recteurs et autres directeurs de ne pas « laisser les structures scientifiques et universitaires à la disposition des partis politiques ».

Le document, signé par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, demande également de ne pas autoriser «toute activité partisane » à l’intérieur des enceintes universitaires.

Le département de Abdelkader Hadjar justifie cette note par la non-conformité des activités partisanes avec « les missions » de l’Université.

Cette directive est une première pour l’université algérienne qui connaît depuis longtemps une ébullition extraordinaire. Pourtant, les premiers à « pratiquer de la politique » dans les campus et cités universitaires sont les partis du pouvoir, avec leurs satellites l’UNEA et l’UNJA ainsi que les islamistes qui, en plus de bénéficier des espaces communs pour leurs prêches, utilisent également les salles de prières et les mosquées pour faire de la politique.

Le pouvoir ira-t-il jusqu’à interdire l’activité politique à sa propre clientèle ?

Essaïd Wakli