L’Algérie a-t-elle officiellement entamé les démarches pour « acquérir » d’une manière définitive la Grande Mosquée de Paris ?

Si le Ministre algérien des Affaires Religieuses et des Wakfs,  Mohamed Aissa, l’a affirmé le 1er décembre dernier, devant des députés, le recteur de cette mosquée, le franco-algérien  Dalil Boubakeur, lui, le dément catégoriquement. Dans un communiqué diffusé par l’agence française AFP, Dalil Boubekeur affirme que la procédure dont parle le Ministre algérien n’a nullement été entamée et que les activités de la Grande Mosquée de Paris « s’inscrivent toujours dans le cadre de la loi française ».

Selon lui, le statut de la GMP «n’a  actuellement subi aucune modification». «Toutes spéculations ou informations contraires ne sont qu’une vue de l’esprit journalistique, et donc nulles et non avenues», a-t-il encore ajouté. Et pourtant,  les «spéculations» en question sont des propos tenus par le Ministre des Affaires Religieuses lui-même et rapportés par la très officielle agence étatique d’information l’APS.

Par ailleurs, d’après Dalil Boubekeur, le seul projet qui est à l’ordre du jour est l’éventuelle création d’une «fondation franco-algérienne dont le but viserait à préserver le patrimoine des biens et lieux de culte de l’Algérie en France, mais aussi à développer des actions culturelles en direction de la communauté». Mais Dalil Boubekeur est-il au courant de toutes les tractations menées entre les gouvernements des deux pays ? Mohamed Aïssa s’est-il avancé sur un sujet qu’il ne maîtrise pas ? Pour l’heure, ces questions demeurent sans réponse.

Rappelons enfin que l’Algérie assure un financement de deux millions d’euros à la Grande mosquée de Paris qui est le symbole de l’islam en France où se trouve la plus grande communauté musulmane d’Europe. La Fédération de la GMP compte une centaine de mosquées en France où se trouvent environ deux mille lieux de culte musulman.

Elyas Nour

Notez cet article