Le recul des investissements publics dans le domaine des infrastructures, notamment ceux concernant le secteur hospitalier, reste l’une des répercussions les plus préjudiciables de la Loi de finances 2016. Ainsi les pouvoirs publics annoncent le gel de la construction de cinq nouveaux CHU.

De façon générale, en 2016, les dépenses de fonctionnement passeront devant celles relatives à l’équipement, gelant ainsi des projets très attendus par les citoyens, tels la construction de cinq CHU dans les wilayas d’Alger, Tizi Ouzou, Tlemcen, Constantine et Ouargla.

C’est le ministre de la Santé, de la Population et de la Reforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, qui a expliqué, en marge d’une visite effectuée en compagnie du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El Ghazi, ce jeudi, aux services de l’Office national d’appareillage et accessoires pour personnes handicapées (ONAAPH) de Ben Aknoun, les raisons de ce gel. Selon lui, il est dû aux offres élevées proposées par les sociétés étrangères, en vue de la réalisation de ces infrastructures. Cela dit, le ministre affirme que « la réalisation de ces CHU n’a pas été annulée mais plutôt gelée « provisoirement« .

La suspension annoncée de ces projets, ou leur annulation inavouée, reste néanmoins ambiguë à plus d’un titre, car aucune précision n’a été fournie quant aux conditions pouvant permettre leur relance.

Concernant les méthodes de mise en place des priorités de réalisation des infrastructures publiques, les économistes sont partagés sur le « statut prioritaire » de certaines d’entre elles, admettant tout de même qu’elles sont un élément constitutif des moteurs de la croissance d’un pays. Ces experts ont évoqué plusieurs risques relatifs à un retrait substantiel et brutal des investissements publics qui jouent un rôle important dans la doctrine économique algérienne qui se veut sociale.

A noter par ailleurs que les propos du ministre de la Santé concordent parfaitement avec ceux tenus par le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, qui a annoncé cette semaine sur les ondes de la Chaîne 3, l’entame d’un processus de privatisation qui s’écarte de cette doctrine économique dite sociale.

Qu’il soit suspendus ou annulés, le gel de ces projets pénalisera en premier lieu les citoyens qui effectueront des déplacements de plusieurs centaines de kilomètre pour se faire soigner, alors que d’autres projets dont l’utilité même, est remise en cause, à l’instar de celui de la Grande Mosquée d’Alger, se poursuit sans encombre.

Massinissa Mansour

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