Le président du panel du mécanisme africain d’évaluation par les pairs de l’Union Africaine, Mustapha Mékidéche, a souligné lors d’un entretien accordé aujourd’hui à la Radio Chaine 3, l’éligibilité de l’Algérie à l’aide financière accordée par la Chine aux secteurs de développement africains dans le cadre du sommet Afrique – Chine qui s’est tenu à Johannesburg.

L’intervenant a précisé que l’Algérie se doit de saisir cette opportunité et bénéficier de ce coup de pouce donné par la Chine à ses partenaires africains, afin de redémarrer ses projets structurants menacés de gel à cause de la politique d’austérité. Mustapha Mékidéche a expliqué également les mécanismes d’octroi de ces aides qui doivent  être accordés selon des conditions « attractives ». La Chine, dont il rappelle les fortes relations géopolitiques et géostratégique avec l’Algérie, sans y avoir cependant une présence « significative » en matière d’investissement, pourrait, assure-t-il, aider l’Algérie à promouvoir nombre de secteurs d’activités dont ceux du phosphate et de la pétrochimie, en particulier.

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Ainsi, cette coopération avec la Chine permettra « de minimiser les risques de fluctuation des taux de change et contribuera à l’atténuation  des effets d’une crise qui perdurera au moins jusqu’en 2020 ».

Le sommet Afrique-Chine, qui s’est tenu un mois après le sommet Afrique Inde de New Delhi, a porté un certain nombre de projets annoncés par le président chinois Xi Jinping qui a exprimé l’engagement de son pays à former 40 000 techniciens africains en Chine et 200 000 autres en Afrique. Il s’agit, selon le chef de l’Etat chinois, de permettre à l’Afrique d’acquérir l’expertise nécessaire à son développement industriel.

C’est dans ce cadre que le chef d’Etat chinois a annoncé des aides financières pour un montant de 60 milliards de dollars : «La Chine a décidé d’octroyer un total de 60 milliards de dollars d’aide financière, incluant cinq milliards de prêts à taux zéro et 35 milliards à taux préférentiels.» En sus de ce soutien massif, il a fait part de l’effacement, pour les pays les moins avancés, des «dettes gouvernementales sans intérêt échues fin 2015».

Le président chinois a également annoncé une coopération accrue avec la Banque africaine de développement et les institutions financières sous-régionales africaines, ainsi que des prêts pour le développement des PME africaines, sans compter un soutien dans la promotion des investissements.

Les recommandations de la Banque d’Algérie (BA) viennent entériner ce rapprochement entre l’Algérie et la Chine, en ordonnant expressément aux banques commerciales, d’utiliser le yuan pour les transactions avec la Chine et cela avant la fin de l’année en cours, pour garantir une fluidité des échanges commerciaux entre les deux pays. L’utilisation du Yuan dans le règlement des transactions entre les opérateurs algériens et chinois vise à obtenir de meilleures conditions commerciales aux opérateurs nationaux et à conforter leur position dans d’éventuelles négociations commerciales.

Massinissa Mansour