Le groupe des 19 personnalités qui ont demandé audition au chef de l’Etat ne désarme pas. Et les tentatives de diversion des personnalités proches du pouvoir n’ont pas dissuadé Louisa Hanoune, Zohra Drif, Khalida Toumi et leurs camarades de poursuivre leurs activités et persister à demander de rencontre Abdelaziz Bouteflika.

Après une réunion tenue au siège du PT à Alger, les personnalités qui composent ce groupe ont animé, hier, une conférence de presse durant laquelle ils se sont surtout exprimés sur la sortie médiatique du général Toufik. Ainsi, les animateurs de la conférence de presse indiquent réfléchir à un espace dans lequel ils vont permettre à d’autres personnalités nationales de s’exprimer et échanger leurs points de vue. Une réponse à ceux qui ont critiqué le caractère fermé de l’initiative lancée il y a quelques semaines.

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Sur la forme, Khalida Toumi, ancien ministre de la Culture et de la Communication, a répliqué à Hamid Grine qui, dans une interview accordée au site TSA, a affirmé que le général Toufik a violé la règle de l’obligation de réserve. «Je déclare en tant qu’ancienne ministre que le ministre de la Communication, Hamid Grine, a violé l’obligation de réserve», a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse. « Un ministre de l’Exécutif ne peut pas parler, ni de près ni de loin, directement ou indirectement, d’un procès de justice parce qu’il s’agit d’un principe constitutionnel exigeant le respect de la séparation des pouvoirs ». «C’est une violation de l’indépendance de la justice », a-t-elle précisé.

Et en réponse directe à Hamid Grine qui a donné des « leçons » sur la déontologie, Khalida Toumi a indiqué qu’elle attendait du ministre qu’il « s’exprime sur la violence des propos criminels de Saâdani à l’égard de Louisa Hanoune, d’autant plus qu’ils ont été diffusés sur des médias qui relèvent de son secteur. Je m’attendais à ce qu’il s’exprime et demande aux médias de ne pas donner la parole aux criminels ».

Plus loin, l’ancienne militante féministe indiquera que la lettre du général Toufik l’interpelle «parce qu’un général qui défend ses éléments publiquement signifie que les institutions ne fonctionnent pas ». «Si le général Toufik affirme que le général Hassan a accompli sa mission sous son autorité, ça veut dire que ce qui s’est passé au tribunal d’Oran est une grande cabale », a-t-elle indiqué. « Je sais des choses et j’ai des preuves que je ne dirai pas publiquement, par respect au président de la République et aux citoyens, qui me permettent de dire que la condamnation du général Medjdoub est une cabale et un règlement de compte », a asséné celle qui a été, pendant 10 ans, ministre de la Culture.

Les animateurs de cette initiative ont également affiché leur volonté de poursuivre leur quête de rencontrer Abdelaziz Bouteflika.

Essaïd Wakli