PT/ Louisa Hanoune passe des allusions aux révélations

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La secrétaire générale du parti des travailleurs, Louisa Hanoune dit ouvertement ses quatre vérités. Dans un long entretien accordé au quotidien El Watan, la première responsable du PT parle longuement des avantages que le pouvoir a accordé à Ali Haddad, fait des révélations sur sa rencontre avec Gaïd-Salah et touche du doigt des situations compromettantes au sein de l’Exécutif gouvernemental.

Louisa Hanoune, qui a souvent reproché au gouvernement de vouloir livrer les entreprises publiques à l’oligarchie, met des noms sur des accusations. «Je cite l’exemple de l’Enageo, dont des filiales ont été dissoutes sous prétexte qu’elles n’ont pas de plan de charge, et comme par hasard, le chef des oligarques crée une société privée qui s’appelle Algéoland et prend les mêmes marchés.» Parlant toujours de Ali Haddad, Louisa Hanoune cite un autre exemple. Selon elle, le patron du FCE a demandé «de confectionner les tenues militaires, alors que l’armée fabrique ses propres tenues.»

Pis, elle évoque le cas de la création d’une société pour l’importation du matériel de radiothérapie: «En été 2014, a été annoncée la création d’une société à 51% publique et 49% privée, qui sous-traite pour une multinationale américaine. Le chef des oligarques se trouve à la tête de l’entreprise (partie nationale) représentant et l’Etat et les multinationales. Quel est son rôle ? Allez dans les hôpitaux, vous constaterez qu’il n’y a ni maintenance ni formation. Au CHU Mustapha, vous serez scandalisés par la situation dans laquelle se trouve le matériel médical.»

Plus que cela, la secrétaire général du PT évoque le cas d’un ministre qui «a été limogé» pour intelligence avec l’ennemi et qui se trouve aujourd’hui ministre de souveraineté. «Lorsqu’on nomme au gouvernement un ministre qui a été viré de la fonction qu’il occupait à la tête d’une instance importante, pour accointance avec l’étranger, sur rapport officiel, rédigé par le Premier ministre de l’époque, actuel directeur de cabinet de la Présidence, c’est que le pays va mal. Ce personnage est à la tête d’un ministère de souveraineté. Cela veut dire que nous sommes face à une œuvre gigantesque de démolition de notre pays. C’est carrément l’ukrainisation de l’Algérie», affirme-t-elle. Des observateurs pensent qu’il s’agit d’Abderrahmane Benkhalfa.

De sa rencontre, en 2014, avec le chef d’Etat-Major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, Louisa Hanoune garde apparemment des souvenirs amers. Elle précise que la rencontre a eu lieu suite aux attaques de Saadani contre le DRS et qu’elle a porté sur la mise sous contrôle judiciaire du général Hassan. «Je lui ai dit : est-ce que le général avait constitué un groupe terroriste ? Il m’a répondu : jamais. Je lui ai dit : est-ce qu’il s’est approprié les armes ? Il m’a dit non. Auparavant, j’avais posé les mêmes questions au Président qui m’a affirmé que le général était un patriote, un homme intègre et que son affaire avait été classée parce qu’il n’a rien fait. Je ne comprends pas comment, une année après, le général est mis en prison. Pour moi, il y a incontestablement une jonction entre l’arrestation du général Hassan, les attaques contre le DRS et son démembrement», dit-elle.

Ces confidences de Louisa Hanoune interviennent suite à la formation du groupe des 19 qui demandent audience au chef de l’Etat. Mais, elle pense que «le Président n’est pas au courant de ce que décide le gouvernement» et que le chef de l’État « est pris en otage par une clique.»

Essaïd Wakli