Le monde entier célèbre, le 09 décembre de chaque année, la journée des droits de l’Homme. Une occasion pour observer une halte et dresser un bilan. Des avancées, mais aussi des reculs, peuvent être constatés. 

En Algérie, les autorités ne semblent pas être pressées intéressées par la situation des droits de l’Homme dans le pays. Elles sont beaucoup plus occupées à trouver une issue à la crise économique que vit le pays. Pis, alors que la célébration de la journée des droits de l’Homme  est laissée à l’observatoire officiel que préside Farouk Ksentini, des associations activant dans le domaine sont interdites de festivités. C’est le cas de l’Association algérienne de lutte contre la corruption qui a été tout bonnement empêchée d’organiser une activité. Pourtant, rien de subversif n’est à mentionner dans ce genre d’activités. Mais le pouvoir n’est intéressé que par sa survie et la répression de toute voix discordante qui risque de remettre en cause ses choix économiques et politiques.

Pourtant, la situation des droits de l’Homme dans le pays n’est pas reluisante. Des dizaines de citoyens ne peuvent toujours pas manifester dans la rue leur désaccord avec les politiques gouvernementales, des partis politiques ne sont pas agréés pour des motifs fallacieux et des députés sont empêchés de faire leur travail.

Plus, des centaines de milliers d’Algériens n’ont pas droit à un travail qui leur permet une vie décente, pas de soins de qualité et pas de logement décent pour de milliers d’autres. Oui, parce qu’on l’oublie souvent : les droits de l’Homme ne sont pas que les libertés démocratiques. Le droit au logement, au travail, à l’éducation et aux soins fait partie des droits élémentaires de l’être humain.

Il est vrai que la situation des Algériens s’est quelque peu améliorée ces dernières années grâce notamment à une hausse inespérée des cours du brut. Mais les sombres perspectives économiques que présage la chute brutale de ces mêmes cours font peur. Et en plus de problèmes économiques, les Algériens redoutent une répression plus accrue qui serait le résultat de la panique des autorités en cas de crise économique grave.

Tout indique donc que nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

Essaïd Wakli