Pour tenter de donner l’image de « bienfaiteur », le gouvernement poursuit ses effets d’annonce. Et le dernier acte en date est celui qui consiste à doter la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) d’un plan de sauvetage estimé à 1 milliards de dollars. L’annonce qui a été faite, la semaine dernière par le ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb à partir de Khemis el Khechna (Boumerdès) a connu, lundi, un début d’application avec la tenue d’une réunion interministérielle consacrée au sujet.

Si les faits parlent d’eux-mêmes en ce sens qu’il est difficile de douter d’une décision prise publiquement, l’histoire récente de la politique industrielle du pays laisse à penser qu’injecter de l’argent n’a jamais fait de miracles. Pis, certains actes de membres de l’actuel gouvernement confinent même au doute puisque la volonté de tuer le peu qui reste de l’appareil public de production est avérée. Et la SNVI, qui fut jadis un des fleurons de l’industrie algérienne, est aujourd’hui un bon exemple en la matière. Elle est devenue une coquille vide. Pis, des quelques machines qui restent encore en activité, il ne reste pratiquement pas grand-chose car malgré les commandes de plusieurs établissements publics (à l’image de l’ETUSA), l’usine de Rouiba n’arrive plus à produire les bus et les camions qu’elle savait pourtant produire il y a seulement quelques années.

Pour ne rien arranger à la situation, les autorités ont fait construire, à coté de la SNVI, une autre usine de montage de bus qui appartient au géant allemand, Mercedes-Benz. Mais plutôt que d’être complémentaire, cette dernière est devenue, avec l’aide des hauts responsables, une véritable concurrente de la société publique.

A ces blocages politiques qui empêchent la SNVI et d’autres grandes entreprises publiques de travailler dans conditions maximales, il faut ajouter un autre obstacle de taille : les entreprises publiques, y compris les plus importantes d’entre elles, sont toujours gérées de manière administrative. Autrement dit, le PDG n’a souvent qu’un rôle de faire-valoir et il ne peut parfois même pas décider du montant des salaires qu’il donne à ses salariés. Un simple appel téléphonique du ministre de tutelle peut même annuler une décision prise par le PDG. Des pratiques qui ne favorisent donc pas la performance des entreprises publiques, quelques soient les efforts financiers de l’Etat.

Essaïd Wakli

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