La diplomatie algérienne semble empêtrée dans un sacré bourbier après l’annonce faite par son premier responsable, Ramtane Lamamra, lundi dernier, au sujet de la participation algérienne à des manœuvres militaires en Afrique du Sud.

L’information aurait pu être banal si c’était de simples manœuvres militaires. Mais là, il s’agit, comme l’avait d’ailleurs précisé le ministre, de «lutte antiterrorisme». «Pour la première fois, des unités africaines ont pris part à ces manœuvres pour se préparer et s’adapter sur le terrain en cas d’attentats terroristes», avait indiqué Lamamra. Or, l’Algérie ne cesse jusque là de réaffirmer son attachement au principe de non intervention militaire dans un pays étranger. Sommes-nous à l’orée d’un revirement en ce qui est de ce principe ?

Aujourd’hui, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali-Cherif, a tenté de rectifier le tir en affirmant que les informations relatives à la participation de l’Algérie à ces manœuvres militaires sont «inexactes». «Il n’a jamais été question dans la déclaration du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, faite à l’issue de l’entretien qu’il a eu avec son homologue angolais, en marge du 3ème séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique (Oran), d’une quelconque participation de forces armées algériennes à ces manœuvres», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «Comme par le passé, notre pays a répondu à une sollicitation de l’Union africaine pour le transport des troupes des pays africains amis dans  le cadre de l’appui logistique à la Force africaine en attente et la concrétisation opérationnelle de la mobilité stratégique de cette force».

Cette opération de transport de troupes a été évoquée Lamamra dans sa déclaration en signalant que «l’Algérie a participé au transport des unités militaires des pays de l’Ouest de l’Afrique vers l’Afrique du Sud». Mais le ministre avait précisé auparavant que «le plus grand problème rencontré est celui du déploiement rapide». Ceci signifie, en clair, que l’Algérie est partie prenante dans ces manœuvres dans un segment assez important qu’est le transport de troupes.

Elyas Nour