Après des mois d’impunité, la chaîne de télévision Ennahar TV, qui fait fi de toutes les règles d'éthique et de déontologie, a fini par être rappelée à l’ordre. L’Autorité de régulation de l’activité audio-visuelle (AARV) a en effet convoqué le rédacteur en chef de cette chaîne pour lui adresser un avertissement.

L’autorité de Miloud Chorfi a procédé de la sorte suite à une pseudo-enquête, menée à charge, dans laquelle un journaliste de cette chaîne, connu pour ses attaques sans retenue contre l’opposition, a présentée la secrétaire générale du Parti de Travailleurs, Louisa Hanoune, comme étant une femme qui «encourage la corruption». Le reportage est considéré par l’AARV comme «non professionnel». L’AARV a « demandé à la chaîne Ennahar de ne plus traiter Mme Louisa Hanoune avec des calomnies», rapporte la chaîne elle-même.

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C’est la première fois que la chaîne Ennahar est interpellée publiquement. Pourtant, de nombreux reportages et émissions diffamant des personnes et encourageant la violence y sont diffusés. Pis, la chaîne emploie un des imams-charlatans qui essaime, chaque jour, un discours rétrograde et parfois violent.

D’autres chaînes de télévisions privées ont été interpellées par l’AARV pour des raisons différentes. Récemment, c’était la chaîne Beur TV qui avait subi les foudres de l’instance de Miloud Chorfi pour la diffusion d’un reportage sur les homosexuels en Algérie.

Mais  que fera l’AARV en cas de récidive ? A priori pas grand-chose, surtout que ces chaînes diffusent toutes à partir de l’étranger. A moins d’utiliser la force comme cela a été le cas récemment contre la chaîne El Watan TV et l’an dernier contre Atlas TV. Les deux chaînes ont été fermées manu militari.

Essaïd Wakli