Dans le lot des «réformes» contenues dans la prochaine «révision de la constitution», Abdelaziz Bouteflika a mis l’accent sur la création d’une «commission indépendante de surveillance des élections». Cette promesse est destinée à calmer les ardeurs de l’opposition qui réclame, depuis la fameuse conférence de Zeralda, une «commission nationale indépendante de préparation des élections».

Il est évident que rien qu’à voir l’intitulé du mécanisme de contrôle des élections d’Abdelaziz Bouteflika, la revendication de l’opposition ne peut être satisfaite. Car, les partis de l’opposition veulent participer à tout le processus de la préparation des élections, à commencer par l’assainissement du fichier électoral jusqu’à la validation des candidatures en débouchant, bien entendu, sur l’opération électorale elle-même. Ce que refusent les autorités qui préparent, par le biais du ministère de l’Intérieur, les élections de bout en bout.

Plus que cela, la «commission nationale indépendante de surveillance des élections» existe dans l’actuel code électoral. Elle a même activé lors des derniers scrutins. Mais elle n’a servi à presque rien du tout. Puisque les opérations de fraude se sont passées à des niveaux plus hauts et gérés par l’administration elle-même. Souvent, les représentants des formations politiques ou des candidats n’y voient que du feu.

Plus grave, la liste électorale nationale n’a jamais été mise à la disposition des candidats et des partis politiques malgré leur insistance. Seules des listes des wilayas ont été données. Mais personne ne peut justifier, aujourd’hui, l’existence d’un écart de 3 millions de voix entre la liste annoncée et celle qui est comptabilisée à la fin du scrutin.

Ce petit exemple démontre que le régime n’a pas de volonté avérée de mettre en pratique le principe démocratique fondamental de l’alternance au pouvoir. S’il a concédé quelques broutilles, y compris la possibilité de saisine du Conseil constitutionnel, il s’est raidit sur l’essentiel: des élections réellement libres et transparentes. Il sait pertinemment que la fraude est, pour lui, le seul moyen moyen de se maintenir aux commandes du pays, surtout qu’au vu des ses échecs consommés, sa popularité ne dépasse plus le cadre restreint de ses clientèles.

Essaïd Wakli