Les célébrations des fêtes du Mawlid Ennabaoui et du Nouvel an sont sujettes à des fatwas de groupes salafistes les interdisant. Des affiches sont placardées, ces derniers jours, dans plusieurs quartiers de la capitale, sommant la population de s’abstenir de fêter le réveillon sous prétexte que c’est un événement chrétien.

Pourtant, les Algériens célébraient, par le passé la fête du Mawlid Ennabaoui sans aucun problème. Beaucoup d’autres fêtaient aussi le Nouvel an.

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa, a réagi à ces fatwas, même s’il ne s’est focalisé que sur le Mawlid Ennabaoui. «L’amour du prophète Mohamed (QSSSL) ne peut être interdit par une fatwa  étrangère au référent religieux algérien», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «L’attachement des Algériens à la célébration du Mawlid Ennabaoui provient  d’un référent religieux et socioculturel enraciné en eux».

Il est vrai que de nombreux Algériens se fient actuellement aux «fatwas» émises sur des chaînes de télévisions satellitaires wahhabites. Une réaction d’une autorité religieuse du pays était plus que nécessaire. Néanmoins, le ministre aurait pu aussi s’exprimer sur les fatwas, omniprésentes ces dernières années, lancées contre ceux qui fêtent le Nouvel an, une date célébrée pour marquer la fin d’une année et le début d’une autre, sans contenu religieux. D’ailleurs, le 1er janvier est décrété  journée chômée et payée pour tous les Algériens même ceux qui s’interdisent de fêter le Nouvel an.

L’amalgame est présent depuis des années et aucun officiel ou religieux algérien n’est venu apporter les précisions nécessaires, alors que certains veulent changer les us et coutumes des Algériens.

Elyas Nour