Le projet de la nouvelle constitution ne tardera pas à voir le jour. Un pas en avant a été franchi, hier lundi, lorsque le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a présidé un conseil restreint consacré à l’examen de l’avant-projet de révision de la constitution. Selon un communiqué de la Présidence de la République, ce conseil restreint a regroupé le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre d’Etat directeur de cabinet de la Présidence de la République, Ahmed Ouyahia, le ministre d’Etat, conseiller spécial auprès du président de la République, Tayeb Belaïz, le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, et Boualem Bessaïeh, conseiller auprès du président de la République.

Plusieurs sources officielles ont confirmé à Algérie-Focus que cette réunion marque réellement l’étape de finalisation de la dernière copie du projet de la nouvelle constitution qui devra être rendue publique d’ici fin décembre ou début janvier de l’année prochaine. Un évènement très attendu car il incarne un tournant majeur dans l’histoire politique de l’Algérie dans la mesure où les changements que comportera cette nouvelle Constitution dessineront les futurs traits du régime politique algérien. Cependant, si le projet traîne encore au niveau du Palais d’El-Mouradia, c’est pour la simple raison que plusieurs points suscitent de profondes dissensions entre les conseillers, alliés et proches d’Abdelaziz Bouteflika.

La liberté de culte, à travers sa formulation dans le nouveau texte de la constitution, est la principale pomme de discorde qui divise les dirigeants concernés par ce projet. Selon nos sources, Bouteflika a l’intention de proposer une constitution « semi-laïque ». L’Islam demeurera, certes, la religion de l’Etat, mais la liberté de culte et le respect des croyances religieuses des minorités en Algérie seront particulièrement affirmés. Dans ce chapitre, les conseillers à la Présidence les plus proches du courant laïc tentent d’imposer une séparation du fait religieux et des institutions étatiques républicaines en accordant les mêmes droits et devoirs à tous les Algériens quelles que soient leurs convictions religieuses.

Un pari risqué qui demande une formulation très claire dans la nouvelle constitution. Un pari qui inquiète le courant islamiste qui compte de nombreux représentants auprès d’Abdelaziz Bouteflika. Ces derniers n’hésitent d’ailleurs pas à exercer leur lobbying pour sauvegarder la profonde dépendance de l’Etat algérien vis-à-vis de la religion officielle qui est l’islam. Lors du conseil restreint présidé par Abdelaziz Bouteflika, ce point a été longuement discuté, nous apprennent nos sources. Ce sujet est, décidément, beaucoup plus délicat que l’officialisation de Tamazight, qui ne rencontre pas réellement d’hostilité au sommet du pouvoir, où la limitation des mandats présidentiels où le débat semble avoir été clos.

Dans les jours à venir, nous en saurons plus sur ce dossier politique qui promet de connaître de nombreux rebondissements.

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