Le chef de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, a animé, aujourd’hui, mardi 5 décembre, une conférence de presse à la résidence El Mithak, durant laquelle il a exposé le contenu de l’avant-projet de révision de la constitution.

Parmi les articles présentés par le chef de cabinet de la Présidence, on relève celui portant sur la création d’une instance pour la surveillance des élections qui revêt une importance capitale, tant les processus électoraux sont contestés de manière quasi-systématique à chaque scrutin.

L’article en question prévoit la «création d’une haute instance nationale indépendante pour la surveillance des élections. Elle sera présidée par une personnalité indépendante. Elle contrôlera la révision des listes électorales et participe dans la formation des cadres des partis politiques dans la surveillance des élections».

Cette disposition, à priori positive, charrie toutefois des interrogations quant à sa concrétisation effective et à sa capacité à garantir une alternance effective au pouvoir dans un cadre démocratique.

Les jours à venir nous renseigneront sur les mécanismes qui vont être mis en place pour assurer la crédibilité et la légitimité des élections avenir. Tout comme la classe politique en particulier, et les citoyens algériens en général, sont dans l’attente des modalités pratiques de désignation du président « indépendant » de cette instance.

On s’interroge également si le président Bouteflika traduit, à travers cette mesure, sa volonté de laisser le pouvoir à un successeur légitimement élu, ou est-ce une nouvelle manœuvre tendant à légitimer un candidat choisi dans les tractions de coulisses.

Massinissa Mansour