Depuis quelques jours, le général à la retraite, Khaled Nezzar est au centre d’une polémique. L’ancien ministre de la Défense tire à bout portant et réveille de vieilles bisbilles que la majorité des jeunes algériens ignore. Car, pour une bonne partie d’entre elle, les noms de Nezzar, Betchine et autres personnages qui ont participé de près ou de loin à la tragédie des années 1990, n’évoquent tout au plus que massacres et destruction.

Au-delà des querelles, qui sont avant tout celles de personnes, les sorties de Khaled Nezzar –et de Betchine- sonnent comme des tentatives de créer des diversions pour éluder les questions fondamentales de l’heure. Car, beaucoup ne comprennent pas l’intrusion de ces questions d’un autre temps dans un débat qui concerne la situation présente.

C’est vrai que Khaled Nezzar n’as plus d’ambition politique, lui qui a demandé à partir à la retraite de son propre chef. Mais, il est évident que s’il n’agit pas pour son propre compte, l’ancien ministre de la défense sous-traite pour un des clans du pouvoir. S’agit-il de se positionner pour une prochaine succession à Abdelaziz Bouteflika ? S’agit-il de torpiller les chantiers de ce dernier ? Rien n’est clair. Mais il est évident que ces sorties de Nezzar sont loin d’être fortuites. Surtout qu’elles interviennent à un moment où le pouvoir lance son projet de révision constitutionnelle.

Des hommes politiques, tel Amara Benyounès, pensent que ce débat cache une volonté de certains acteurs d’ouvrir la boite de Pandore des années 1990, cette période opaque de l’histoire récente du pays.

Il reste maintenant à savoir si cette polémique va donner lieu à des déballages qui ne feront, de toute façon, qu’aggraver la situation, déjà précaire, du pays.

Essaïd Wakli

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