Hogras, favoritisme et abus de pouvoir/La diplomatie algérienne, un « Club des Pins » Bis ?

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Le malaise est général au ministère des Affaires étrangères. Une ambiance délétère accable les diplomates et le personnel des corps communs, du fait du non respect de la réglementation par l’administration de ce département de souveraineté.

Il y a d’abord la non satisfaction des revendications formulées par le syndicat au cours des deux grèves observées récemment. L’administration, au lieu de privilégier le dialogue, a opté pour l’usage abusif de l’autorité à travers des intimidations et des sanctions disproportionnées à l’égard de certains grévistes (mutations à l’administration centrale et au centre de transmission de Baraki, limogeage d’un sous-directeur par téléphone).

A l’origine de ce malaise, il y a également la décision non réglementaire et discriminatoire prise par l’administration pour la mise à la retraite de certains sous-directeurs ayant atteint 60 ans, se basant sur l’application erronée d’une circulaire du ministre datant de 2013, dont les dispositions ne s’appliquent pas, au demeurant, à la mise à la retraite des fonctionnaires titulaires de fonctions supérieures. Au sein de ce ministère, les langues se délient contre cette décision de mise à la retraite, en se posant la question de savoir pourquoi uniquement quelques sous-directeurs et pourquoi ce «deux poids deux mesures».

En effet, de nombreux hauts fonctionnaires, âgés de 70 ans et plus, n’ont pas été concernés par le départ à la retraite. Exemple : le secrétaire général, M. Senoussi Bereksi Abdelhamid, des ambassadeurs en poste à l’étranger comme Hocine Meghar, Menouar Rabai, Saad Belabed, Salah Lebdioui, Fouad Bouattoura, Nadir Larbaoui, Antar Daoud, Benaouda Hamel, etc. Et les recordmans en poste : l’ambassadeur à Tunis, Abdelkader Hadjar, (30 ans à l’étranger, 15 ans sous l’ère du président Chadli et le reste sous l’ère du président Bouteflika).

Sans omettre ceux qui exercent au niveau de l’administration centrale : l’inspecteur général, plusieurs ambassadeurs conseillers, directeur généraux,… Les cadres lésés par cette décision, après un long parcours professionnel marqué par de bons et loyaux services, estiment que la mise a la retraite est acceptés par tous car elle est un aboutissement logique dans la vie d’un haut cadre de l’Etat. Conditionnée par l’application et le respect scrupuleux de la réglementation en vigueur pour l’ensemble de la corporation, et non de façon discriminatoire en ne ciblant que quelques uns.

Par ailleurs, au sein du ministère, les commentaires vont bon train sur la décision «inique» de l’administration de procéder à la nomination dans les fonctions supérieures de sous-directeur, d’une vingtaine d’attachés des affaires Etrangères et d’administrateurs et ce, au détriment des ministres plénipotentiaires, conseillers des affaires étrangères et des secrétaires diplomatiques. L’ensemble des fonctionnaires lésés par cette « hogra », espèrent une prompte intervention des services du Premier ministère (notamment la Direction générale de la fonction publique) en vue d’exercer leur contrôle, à priori et à posteriori, des actes de gestion qui découlent desdites décisions (limogeage par téléphone, mise a la retraite, nominations).

La présidence a procédé le 23 décembre 2015 à un mouvement partiel dans le corps diplomatique et consulaire. 15 représentations algériennes à l’étranger sont concernées. L’actuel secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Senouci Bereksi, âgé de 70 ans est nommé ambassadeur d’Algérie en Italie (Rome) pour une retraite dorée.

En outre, les chefs de poste qui ont fait leur temps à l’étranger et qui ont atteint ou dépassé l’âge légal de la retraite n’ont pas été concernés par ce mouvement, à titre d’exemple Hadjar (Tunis), BenYamina (Rabat), Aiouaz (Zagreb), Hamel (Buenos Aires) et les consuls généraux Berja (Barcelone), Younes (Genève), Haif (Bruxelles), Rouibah (Lille), Yousfi (Strasbourg), Ladjal (Besançon), etc.

Ceci confirme l’anarchie, les passe-droits, la non-application des lois de la République qui règnent au sein du département ministériel, sans que le ministère de tutelle ne daigne mettre le holà en vue de rendre à la diplomatie algérienne ses lettres de noblesse. Toutes les tentatives lancées par le syndicat du MAE pour résoudre, par le dialogue et la concertation, les problèmes ont échoué. Parmi ces revendications, ils demandent la transparence de la nomination des cadres à la centrale et à l’étranger.

Il est à noter que nous avons tenté de joindre le ministère des Affaires étrangères pour faire réagir ses responsables à propos des questions soulevées par notre article, mais en vain.