On ne peut même pas dire de Khaled Nezzar qu’ il soit devenu prolixe depuis un certain temps ; je dirais pour ma part qu’il est devenu bavard et qu’il radote. Le plus grave est qu’il se contredit sans cesse, car il ne maîtrise même plus sa mémoire. C’est une évidence que le menteur a toujours besoin de maîtriser sa mémoire, pour avoir à répéter sans cesse les mêmes mensonges, car lorsque l’on dit la vérité, il suffit de relater les faits tels qu’ils se sont déroulés, sans plus. Nezzar est sans cesse obligé de se surveiller et à la longue, le menteur finit par se trahir, car comme dit un proverbe bien de chez nous : « Al kadhab nessih wou seqssih ! »

C’est ce qu’il s’est passé à de multiples reprises et tout récemment encore avec la polémique née après le décès de Hocine Aït-Ahmed sur la proposition qui lui a été faite d’accepter la présidence de l’État. Il se rend compte, aujourd’hui, qu’il lui est insupportable d’admettre cette vérité, se souvenant que quelques années plus tard, Aït-Ahmed lui fit la remarque, qu’en effet, tout les séparait et que ce qui les séparait le plus était un fleuve de sang.

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Nezzar veut écrire l’histoire à sa manière, en occultant les crimes irrémissibles dont il est responsable et dont il ne peut qu’avoir honte aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle Nezzar multiplie les interventions et les interviews. En fait, c’est devant un juge d’instruction secondé d’un procureur de la république que Nezzar et ses acolytes devront répondre de leurs actes. Cela se fera In Cha Allah, chez nous, quand la justice sera devenue indépendante. Il est permis de rêver. Netfaelou ! Pourquoi pas ?

Au cours de sa dernière interview accordée à Echourouk TV, Nezzar a accablé le FIS en l’accusant d’avoir assassiné le président Mohamed Boudiaf et Kasdi Merbah. Rien que ça ! Comment peut-il se livrer à de telles allégations sans apporter le moindre début de preuve ? Pourquoi lui, qui était aux manettes, n’a-t-il rien fait pour réunir toutes les preuves à même de confondre les assassins et les traduire devant la justice ?

Au cours de cette interview, Nezzar a fini par reconnaître pour la première fois que Merbah devait rencontrer Zeroual et qu’il avait mené des tractations avec les dirigeants du FIS. La réalité est que Nezzar savait absolument tout de ce qu’il s’était passé.

Quant au FIS, il a tout de suite fait savoir qu’il était étranger à cette affaire. La radio clandestine du FIS avait fait la même déclaration et une minicassette audio de l’enregistrement avait été aussitôt glissée dans la boîte aux lettres de la maison familiale à El-Biar. Certains murs du centre d’El-Biar, notamment près de la mairie et au niveau du mur d’enceinte de l’école primaire Paul Bert, étaient recouverts d’inscriptions fraîchement peintes en rouge, disculpant le FIS.

Qamreddine KHERBANE, dans un article paru dans Jeune Afrique, à l’époque des faits, avait catégoriquement écarté toute implication des islamistes. Anwar Nacereddine HADDAM avait fait une déclaration allant dans le même sens. Curieusement, quelques minutes à peine après l’attentat, Larbi BELKHEIR avait contacté le directeur d’un quotidien national en lui disant qu’une rumeur faisant état de l’assassinat de Kasdi MERBAH circulait en ville et il lui demanda d’appeler sa femme pour s’en assurer …

Nezzar ment encore une fois en prétendant que les tueurs avaient récupéré sa veste, un cartable et son arme de poing. Or, tout cela est faux. Merbah ne portait pas de veste pour la simple raison qu’on était au mois d’août et qu’il était vêtu d’une simple chemise d’été à manches courtes. Il ne portait pas de cartable. Une petite sacoche lui servait à ranger son Smith &Wesson.

De plus, j’ai été le dernier à lui avoir parlé encore vivant et le premier à l’avoir vu mort, quelque minutes plus tard, alors que tout le secteur avait été déserté par la foule. Le choix de la date du changement de gouvernement, nommant celui qui voulait faire changer de camp à la peur, n’est pas anodin. Il coïncide jour pour jour avec cet attentat spectaculaire commis par des tueurs professionnels surarmés dont certains portaient des UZI, comme pour créer une diversion et un écran de fumée.

Il est essentiel de rappeler que ce jour-là, à l’heure de la fusillade, le barrage de contrôle habituellement fixe avait été levé. J’ai été entendu deux semaines plus tard par un capitaine de la gendarmerie de Rouiba, une audition purement formelle qui ne connaîtra aucune suite. Je n’ai jamais été convoqué au simulacre de procès. De jeunes innocents, des voisins que je connaissais parfaitement avaient été ramassés et accusés à tort. Ils ont été exhibés au JT de 20 heures un mois après l’assassinat pour tromper l’opinion publique en donnant l’illusion d’une enquête menée à son terme avec célérité. Ils finiront par être libérés quelques années plus tard, après que leur innocence fût reconnue.

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