Il a fallu qu’il rencontre une délégation composée de patriotes et ancien GLD pour que le RCD, qui fut l’un des premiers partis politiques à appeler, puis soutenir, l’arrêt du processus électoral en janvier 1992, se prononce sur le débat en cours sur cette période de l’histoire du pays.

Ainsi, le président du RCD, Mohcine Belabbas, a rappelé que son parti «ne s’est jamais inscrit dans le cadre de la réconciliation imposée par un référendum organisé par l’administration et qu’il a pris position avant sa promulgation pour l’installation d’une commission « vérité et justice » accompagnée par un mécanisme de justice transitionnelle comme le revendique toutes les associations de victimes. Pour le parti, il est de la plus haute importance de solder ce lourd passif avant de tourner la page. L’impunité et l’amnésie sont le terreau des conflits futurs forcément plus violents».

Le parti dont l’ancien président, Saïd Sadi, était l’un des chantres de l’arrêt du processus électoral, indique qu’il se bat pour «doter le pays d’une constitution consensuelle fondée sur un Etat civil et républicain, un équilibre des pouvoirs, la protection de toutes les libertés, l’égalité en droits de tous les citoyens algériens et la consécration d’un organe indépendant de gestion des compétitions électorales».

C’est le seul parti qui se prononce jusqu’à présent sur le sujet, en dehors des opposants à cette option. Seul le Général Khaled Nezzar a fait face, seul, à cette déferlante de critiques sur la gestion politico-sécuritaire de cette période de l’histoire du pays.

Essaïd Wakli