La naissance du nouveau service de renseignement, la Direction des services de sécurité (DSS), soulève moult interrogations dans les cercles initiés et parmi le grand public. Les autorités se sont distinguées à ce sujet par leur mutisme. Il faut dire que leur attitude est parfaitement justifiée tant les questions qui touchent aux services de renseignements sont sensibles. Leur organisation et leur organigramme doivent, par définition, rester secrets.

En Algérie, c’est une autre histoire tant ils ont débordé dans la scène publique. Les services de renseignements sont représentés dans l’esprit collectif comme un appareil tout puissant capable de tout, même de vous supprimer physiquement, si besoin en est. On leur a collé des épithètes du genre la redoutable Sécurité militaire ou encore le tout puissant DRS. L’histoire des services est intimement liée à celle du pays, à tel point qu’une restructuration de ces derniers a provoqué un remue-ménage sans précédent.

Ainsi, le transfert de tutelle du MDN vers la Présidence est dépeint comme une exclusivité, une première dans l’histoire de l’Algérie. Mais à vrai dire, ce n’est pas vraiment le cas. En effet au lendemain de l’indépendance et plus exactement en 1963, les services de renseignements ont été placés sous la tutelle de la Présidence de la République sous Ahmed Ben Bella. La police politique répondait à l’époque à l’acronyme BCI.

C’est en 1965, après le coup d’État du colonel Boumédiène, le fameux “redressement révolutionnaire”, que les services, sous l’appellation de Sécurité militaire (SM), ont été mis sous la tutelle de l’armée. La SM, sous ses différentes appellations, a su, depuis, s’adapter à tous les bouleversements ayant touché le pays et ont veillé à la sauvegarde du régime.

 Il est légitime de s’interroger, aujourd’hui, sur le rôle des services. Sommes-nous les témoins de l’avènement d’un nouveau régime, ou serait-ce juste une manœuvre s’inscrivant dans la perspective de la succession à Abdelaziz Bouteflika? L’avenir proche nous le dira.

Massi M.