Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelmadjid Tebboune, en visite samedi, sur le site de la Grande Mosquée d’Alger, a annoncé son achèvement en décembre. Il était moins affirmatif concernant les autres projets de son secteur.    

Le ministre s’est réjoui du fait que «le projet de la Grande Mosquée connaît un avancement remarquable». Sa satisfaction doublée d’un optimisme quelque peu en porte-à-faux avec la conjoncture économique difficile que connaît le pays et les retards considérables accusés dans plusieurs autres projets de son secteur. L’infrastructure cultuelle sera réceptionnée à la fin de l’année, s’est félicité le ministre, selon lequel celle-ci n’aura subi qu’un retard de deux ou trois mois.

La salle de prière, qui représente le cœur de l’œuvre architecturale,  a atteint un niveau d’avancement de 87%. La mosquée se distingue également par des minarets qui culmineront à 267 mètres marquant définitivement une œuvre gigantesque placée à la troisième place des plus grandes mosquées au monde.

Si pour cette infrastructure, le ministre a été catégorique quant à son achèvement d’ici décembre de l’année en cours, il l’a été beaucoup moins concernant les projets de l’habitat. À ce sujet, il a évoqué un complot visant à déstabiliser la société et a mis  en garde contre « les parties qui tentent de semer le désespoir dans la société et de mettre en cause les acquis réalisés ».

Les Algériens, dans une très forte proportion, dénoncent, pour leur part, sur les réseaux sociaux la réalisation de cette mosquée dont le seul but est d’accorder une grandeur factice à des gouvernants de plus n plus loin des réalités du pays. Ils affirment qu’ils ont plus besoin d’infrastructures qui puissent alléger leurs difficultés en matière d’éducation ou de santé. Faut-il, en effet rappeler que le coût de cette œuvre digne des plus grands empires est équivalent à celui de 20 hôpitaux totalement équipés?

Massi Mansour