Comme nous l’avons rapporté il y a de cela plusieurs mois, le DRS est dissout et les services secrets algériens changent d’appellation comme le dicte la restructuration de cet appareil sécuritaire décidée par Abdelaziz Bouteflika. 

Une restructuration menée depuis pratiquement fin 2011 et dont les prémices remontent jusqu’à 2008. L’Algérie enterre donc le DRS pour donner naissance à un nouveau service de renseignement dénommé le Département des Affaires sécuritaires (DAS), qui se chargera désormais de centraliser tous les départements chargés du renseignement dans le pays. Athmane Tartag, ancien chef du DRS, a été nommé comme ministre-conseiller chargé du renseignement. C’est lui qui se chargera désormais de coordonner toutes les actions du renseignement, que cela vienne de l’ancien DRS, de la police ou de la gendarmerie.

Selon un officier des services qui a requis l’anonymat, la naissance du DAS est « une suite logique » des restructurations opérées jusque-là. « Tartag se chargera désormais de coordonner tous les services », dit-il. Rattaché, de nouveau à la Présidence de la République, ce nouveau service de renseignement réintégrera, dans son sillage, plusieurs départements, à l’image de l’espionnage économique, de la sécurité intérieure et de la sécurité extérieure. Sauf que contrairement à ce qui se faisait sous le général Toufik, ces départements garderont une certaine autonomie. La seule différence est que leurs rapports, au même titre que ceux des services de renseignement de la police et de la gendarmerie, atterriront tous dans les bureaux du DAS qui se chargera du tri et du transfert vers le centre de prise de décision qu’est la Présidence de la République.

Cette restructuration ne signifie pas forcément la disparition de la police politique. « La police politique est avant tout une pratique, pas un service. Sa disparition ne peut se faire que dans le cadre d’un système politique transparent », estime un ancien officier des services. Nos sources précisent que Athmane, alias Bachir, Tartag n’assistera pas aux conseils des ministres que lorsque le Président de la République l’exige, mais sera bel et bien présent aux réunions du Haut Conseil de sécurité nationale.

Avec Essaïd Wakli