A peine rentré au pays après un long exil, l’ancien premier ministre, Abdelhamid Brahimi -dit Hamid la science pour sa propension à donner des chiffres à tout bout de champs- est vite entré dans le vif des polémiques qui marquent la scène politique nationale. Invité par la chaîne arabophone Ennahar, le fils de Mebarek El Mili -un des fondateurs de l"Association des oulémas- s’est attaqué de manière frontale au général à la retraite, Khaled Nezzar et à l’ancien chef du DRS, le général Toufik.

Il a estimé que le premier «ne pouiiat être un vrai moudjahid» puisqu’il était d’abord un soldat de l’armée française. Quand à Mohamed Mediène, l’homme réfugié à Londres avant de tomber dans les bras du courant islamiste dans les années 1990, lui a concédé la qualité de «patriote», mais «qui ne faisait qu’éplucher des patates durant la guerre d’indépendance».

Advertisement

Au-delà de ces attaques qui s’apparentent plutôt à des règlements de comptes -est-ce l’objet de ce retour?-, Abdelhamid Brahimi a ressorti la vieille accusation qui l’a rendu célèbre auprès des Algériens. Il a rappelé qu’il avait effectivement dit, en 1985, que près de 26 milliards de dollars avaient été détournées. Il s’en est expliquée: « La question concernait les factures de l’office des céréales et j’avais révélé cela en 1985, quand j’avais constaté que les factures contenaient des prix surréalistes pour les céréales et le café importés. En fait, on importait pour 26 dollars et on facturait à 85 dollars ».

L’homme n'a presque rien changé à son discours et plus de 30 ans après, les Algériens entendent toujours des histoires de détournements et de mauvaise gestion. Sauf que, pour le moment, aucun responsable n'a bougé le petit doigt. Pis, les procureurs de la Républiques,  qui ont en principe le pouvoir de s’autosaisir en cas de déclarations publiques graves, n'ont pas bougé non plus. Une contradiction totale avec les affirmations des autorités qui veulent faire croire à l’avènement d’une justice indépendante. Un concept qui n’a aucun prolongement sur le terrain.

Essaïd Wakli