Le ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) dévoile la position de l’Europe concernant une éventuelle intervention militaire en Libye. L’attitude hésitante des Européens semble favoriser la perpétuelle main-mise des USA sur les questions internationales stratégiques. Pendant ce temps, en Algérie les autorités restent muettes comme des carpes.     

En répondant aux questions de journalistes français, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a indiqué qu’une intervention des pays européens en Libye n’est pas à l’ordre du jour. « Nous n’interviendront que si un gouvernement libyen constitué et légitime nous en fait la requête», a-t-elle affirmé.

La diplomatie européenne semble avoir évolué depuis la dernière intervention de l’OTAN menée, en 2011, de manière unilatérale et ayant débouché, en fin de compte, sur un effondrement total de l’État libyen et une apparition de factions et de milices armées se distinguant par leur caractère extrémiste.

Le discours des Européens et celui des Occidentaux en général, semble aller dans le sens d’une intervention militaire  motivée par une demande clairement exprimée par un gouvernement libyen consensuel, un gouvernement fédérateur ayant la volonté de continuer le combat contre les groupes extrémistes. En tout cas, c’est ce que semble dire le discours de la diplomatie européenne. La MAE européenne illustre parfaitement ces propos lorsqu’elle affirme que «défaire Daech efficacement, ne peut se faire qu’en passant par un gouvernement libyen légitime et en charge de sa propre sécurité».

Pendant que les Européens tergiversent sur les aspects, le caractère et surtout les effets d’une telle intervention sur l’Europe, les USA ont effectué une attaque très ciblée et entreprennent un périple diplomatique à travers des pays alliés (Maroc, Tunisie) et des pays clés (Algérie, Burkina Faso, Mali) pour garantir l’emprise des USA et le contrôle total de tous les paramètres de cette intervention militaire inéluctable.

Une intervention qui se pliera aux impératifs stratégiques américains

Malgré tous les efforts déployés par l’Algérie pour parvenir à une solution politique en Libye et éviter une intervention occidentale synonyme de danger sur la sécurité nationale, les USA ont réussi à imposer la solution militaire et ont d’ores et déjà effectué une frappe spectaculaire ayant permis d’éliminer un nombre important de terroristes, parmi lesquels Noureddine Chouchane, cerveau des attentats sanglants qui ont eu lieu le 18 mars 2015, contre le musé du Bardo (Tunis ) et celui commis le 26 juin 2015, contre l’hôtel Riu Marhaba (Sousse).

En effet, la stratégie américaine a évolué considérablement depuis 2011 ou elle prônait la doctrine dite «leading from behind», littéralement «le leadership en retrait». Il est rare que les États-Unis laissent les rênes de l’OTAN à leurs alliés comme c’était le cas en 2011.

Les interventions de 2011 entrait dans le cadre de la doctrine militaire dite «light footprint operations» ou opérations à empreinte légère, allusion faite au faible impacte de ces opérations sur les intérêts américains. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et les USA semblent plus que jamais préoccupés par ce qui se trame en Afrique. Une véritable guerre d’influence se déroule dans les coulisses, où ses acteurs se battent pour s’ancrer durablement dans le futur grenier de la planète.

Pendant ce temps, l’Algérie reste muette  

De graves événements sont en passe de se dérouler à nos frontières Est. Les troupes de l’ANP sont en état d’alerte, mais rien ne transparaît. Le gouvernement reste muet sur les frappes qui ont été effectuées par l’aviation américaine. Aucun commentaire n’a été rendu public. Les Algériens avides d’information ne savent absolument rien de la position ni du rôle que va jouer leur pays dans cette opération annoncée. Tout le monde appréhende les conséquences.

Massinissa Mansour