Le général à la retraite et ancien chef de la 1ère région militaire durant les années 90, Abderrazak Maïza,  a, dans un entretien accordé au «Soir d’Algérie» et publié dans l’édition d’aujourd’hui, jeté un véritable pavé dans la mare concernant le massacre de Raïs survenu en 1997.

Selon lui, le massacre, ayant causé, selon des estimations non officielles, plusieurs centaines de morts, est lié à une affaire d’argent. «Prenez l’exemple de ce qui s’est passé à Raïs. Tous les morts qu’il y a eu sont des membres de familles de groupes terroristes. A l’époque, le chef terroriste Djebaïli avait distribué de l’argent à toutes ces personnes qui ont investi notamment dans le transport, les fameux minibus qui apparaissaient un peu partout. Après sa mort, Zouabri a nommé le fameux «Japonais» et lui a demandé de récupérer l’argent qui avait été prêté aux familles. Ces dernières ont refusé, une expédition punitive avait été menée», a-t-il déclaré à ce propos.

Le général Maiza a affirmé que l’armée avait retrouvé le registre sur lequel été inscrit les noms de toutes ces familles qui devaient de l’argent au GIA (Groupe islamique armée). «Nous avions d’ailleurs retrouvé le registre qui comportait le nom de toutes les personnes concernées et ce sont elles qui ont été tuées. C’était incroyable. Les maisons ciblées étaient séparées par celles de citoyens non concernés et je vous assure que ceux-ci n’ont pas été touchés».

Ces déclarations risquent de provoquer des remous parmi les partisans du «qui tue qui?» qui ont toujours contesté des versions autres que celles qui incriminent l’armée. Pour Maiza, «cela vaut aussi pour Bentalha». «Toutes les victimes sans exception étaient des familles de membres de l’AIS qui avaient quitté la zone de Médéa. Là aussi une expédition punitive avait été menée. On leur reprochait d’avoir fui», a-t-il affirmé.

Le général à la retraite a, par ailleurs, affirmé que si le terrorisme a été vaincu, l’idéologie intégriste, elle, est toujours présente.

Elyas Nour

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